Actions des travailleurs du dépôt logistique de Carrefour à Nivelles après un cas de Covid

Les travailleurs du dépôt logistique Logistics Nivelles, un des sous-traitants de Carrefour Belgique, ont décidé de mener plusieurs actions progressives au sein de l'entrepôt à la suite d'un cas positif de Covid-19 détecté le week-end dernier, indiquent jeudi la CNE et le Setca dans une communication interne commune. S'il n'est pas question de grève, les salariés refuseront à partir de dimanche soir toutes les heures supplémentaires, auxquelles l'entreprise a pourtant beaucoup recours ces dernières semaines.

Les syndicats chrétien et socialiste dénoncent un dépôt que la direction fait tourner dans des conditions "délicates", avec par exemple 40% d'absentéisme dans le département 'sec' - ce qui implique de nombreuses heures supplémentaires du personnel -, ou encore la distanciation sociale. Vient s'ajouter à cela un cas de Covid-19 confirmé sur le site, le week-end dernier.

"Le virus est présent dans le dépôt et la personne qui l'a contracté a côtoyé de nombreuses personnes. Il y a dès lors beaucoup de chances que certains travailleurs en soient porteurs sans le savoir", redoute Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE.

Si les enseignes de la grande distribution disposent toutes d'une chaîne logistique intégrée et que les efforts et mesures qui y sont prises concernent l'ensemble des travailleurs, ce n'est pas le cas chez Carrefour, relève le syndicaliste. En tant que sous-traitant, Logistics Nivelles n'est pas inclus dans les dispositions en faveur des travailleurs négociées au sein du groupe français en début de semaine, explique Didier Lebbe.

Setca et CNE demandent dès lors à Carrefour Belgique de rétribuer l'entreprise pour les efforts fournis. Cela alors que le secteur de la grande distribution continue à gagner de l'argent, que l'entreprise serait prête à récompenser son personnel en Belgique et que le groupe va donner une prime défiscalisée de 1000 euros, voire 2000 euros, en France.

Dans l'attente, les travailleurs n'effectueront plus d'heures supplémentaires à partir de dimanche soir. Ils demandent aussi que priorité soit donnée à la remise en ordre du dépôt et à sa désinfection. Il n'est par contre pas question de grève.

Ils souhaitent que le pouvoir d'achat de chacun puisse être amélioré, tout comme les conditions de travail, qui se sont dégradées depuis le début de la crise, selon eux.

Si rien n'évolue, les salariés arrêteront la réception ou le chargement de livraisons et donneront priorité aux colis de marchandise de première nécessité, préviennent-ils enfin.

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