Accident de travail mortel à Saint-Servais: un patron devant la justice

L’ouvrier est décédé après avoir chuté de six mètres (illustration).
L’ouvrier est décédé après avoir chuté de six mètres (illustration). - © Flickr – David James

Un entrepreneur comparait en ce moment devant le tribunal correctionnel de Namur suite à un tragique accident de travail. Il y a 4 ans, l’un de ses ouvriers tombe d’une échelle alors qu’il est sur un chantier. Le jeune homme est tué sur le coup. Le patron de cette entreprise de toiture est aujourd’hui poursuivi pour homicide involontaire. La justice lui reproche de ne pas avoir sécurisé le chantier.

Le 2 mars 2010, Benjamin, 26 ans, se présente chez un particulier à Saint-Servais pour remplacer quelques plaques d'Eternit. Il travaille depuis 10 ans pour le même patron, qui l'a formé en qualité d'apprenti.

Ce matin-là, son patron part sur un autre chantier à Bruxelles. Arrivé sur le chantier, l'ouvrier se rendra compte alors qu'avec l'échelle prévue, il ne parviendra pas réaliser le chantier.

Que s'est-il passé ensuite ? Benjamin n'est plus là pour le raconter. Toujours est-il qu'il décédera sur place après avoir chuté d'une hauteur de six mètres. Pour l'auditeur du travail et la partie civile, le défaut de prévoyance est manifeste, le rapport de l'expert venu sur place est précis.

"L’employeur aurait dû manifestement préconiser d’autres matériels pour assurer une bonne sécurité, notamment une nacelle, déclare Arnaud Schlogel (avocat de la partie civile). Mais si l’on en avait utilisé une, cela aurait coûté beaucoup plus cher. Et c’est peut-être là l’une des raisons pour laquelle un ouvrier est décédé (parce que le matériel n’était pas adéquat)."

Côté défense, on a reconnu que l'utilisation d'une nacelle aurait fait grimper le montant du devis avec le risque de voir filer le chantier chez un concurrent.

Pour tenter de s'en sortir aujourd'hui, le patron évoque une négligence de son ouvrier qui n'aurait pas mis de cales à l'échelle.

Un reproche qui ne l'exonère évidemment pas de sa responsabilité principale d'employeur : à savoir fournir l'équipement nécessaire à son ouvrier pour garantir la sécurité du chantier. Le jugement est prévu le 20 octobre.

Patrick Michalle