Accident d'avion: comprendre le drame peut faciliter le deuil

Le processus de deuil est particulier lorsqu’il touche plusieurs personnes d’un même milieu
Le processus de deuil est particulier lorsqu’il touche plusieurs personnes d’un même milieu - © JOHN THYS - BELGA

Se pose, dans le cadre du drame de Gelbressée, la question du deuil. Comment les familles et les proches des victimes pourront-elles accepter la perte d’un être cher? Pour Jean Michel Longneaux, philosophe et enseignant aux facultés de Namur, le processus du deuil est lié à la compréhension, même partielle, de ce qu’il s’est passé.

Mais le processus de deuil est particulier lorsqu’il touche plusieurs personnes d’un même milieu. Michel Longneaux explique cela par la notion de ‘modèle’. "Le fait de voir que d’autres vivent la même chose. De pouvoir en parler, permet de s’identifier surtout dans un milieu où tout le monde se connaît. Le fait de voir qu’on n’est pas seul à vivre l’événement permet de le vivre un peu plus facilement. Mais au final, chacun devra, individuellement, faire son travail de deuil. C’est là qu’apparaîtront les différences."

Eviter que l’imagination n’emplisse le vide laissé par le manque d’explication

L’illustration de ce phénomène est la réunion de nombreux membres du club et la présence de parents de victimes venus sur place tenter de comprendre ce qu’il s’est réellement passé. C’est le cas du père de Tanguy, décédé dans l’accident. 

Il demeurera toujours quelque chose de l’ordre de l’inexplicable.

Pour faire ce deuil, les proches doivent aussi obtenir des réponses aux questions qu’ils se posent, explique Michel Longneaux. "Dans toutes les circonstances tragiques, on a besoin de comprendre et de savoir. Tout simplement pour éviter que l’imagination ne remplace les explications sur la mort et que l’on se demande sans cesse: ‘que s’est –il passé exactement ‘. Lorsque l’imagination tourne dans le vide, on peut ne jamais s’arrêter de chercher. Et donc commencer son deuil". 

Pour l’enseignant, il est essentiel d’obtenir une explication "qui tienne la route" pour avoir le sentiment que l’on connaît l’histoire: "Il restera toujours une interrogation pour les proches des victimes: pourquoi est-ce arrivé ce jour-là à ces gens-là.  Il demeurera toujours quelque chose de l’ordre de l’inexplicable." En Définitive, faire son deuil c’est pouvoir accepter que l’on n’aura jamais le dernier mot sur la raison du drame. 

Olivier Nederlandt

Et aussi