Justice: André-Joseph Léonard cité pour avoir protégé un prêtre pédophile

Justice: André-Joseph Léonard cité pour avoir protégé un prêtre pédophile
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Justice: André-Joseph Léonard cité pour avoir protégé un prêtre pédophile - © RTBF

Joël Devillet a été abusé par un prêtre pédophile fin des années 80. Son abuseur a été condamné à Arlon mais la justice a considéré que l'Eglise aurait dû dénoncer les faits aux autorités. Aujourd'hui, Joël Devillet veut s'appuyer sur ce jugement pour obtenir réparation au civil. Au centre de la procédure, on retrouve l'évêque André-Joseph Léonard. La victime lui réclame 25 000 euros à titre provisionnel.

Joël Devillet voulait devenir prêtre. Il ne le sera sans doute jamais. A 14 ans, le curé de sa paroisse a commis sur sa personne attouchements et viols.

Une première lettre adressée en 1990 à Monseigneur Mousty restera sans suite. Et la plainte déposée en 96 devant le tribunal ecclésiastique n'empêchera pas l'abuseur de récidiver dans une autre paroisse.

Joël Devillet, dégoûté, finira par déposer plainte devant la justice. Et en 2007, il obtiendra partiellement réparation devant le tribunal d'Arlon. Un tribunal qui s'étonnera aussi de l'attitude minimaliste de l'Eglise. "C’est un jugement qui est définitif. En droit, on appelle cela un jugement qui a autorité de choses jugées, commente Marc Kauten (avocat de Joël Devillet). Donc, je n’imagine pas un seul instant un autre juge juger différemment de ce qui a été dit à Arlon. A savoir que l’on ne comprenait pas l’attitude minimaliste de l’Église, qui n’a pas dénoncé les faits aux autorités alors qu’il s’agissait de faits graves – qualifiés de crime dans le code pénal."

Conséquence: Joël Devillet estime que l’Église et son supérieur direct, André-Joseph Léonard, en minimisant les faits l'ont empêché de se reconstruire.

Une allégation réfutée par la défense qui rappelle que le prêtre a fini en 2001 par être déchargé de toute fonction sacerdotale. Responsabilité directe ou non d'André Léonard à titre personnel ou comme chef des catholiques namurois, le tribunal rendra son jugement le 21 novembre.

Patrick Michalle

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