Abeilles: va-t-on assister à une guerre des fleurs à Bruxelles?

Implanter des ruches en ville, c’est bien. Encore faut-il penser à la nourriture disponible…
Implanter des ruches en ville, c’est bien. Encore faut-il penser à la nourriture disponible… - © Flickr – Pheebie46

Dans la capitale, de plus en plus de ruches sont installés sur des toits d'immeubles commerciaux. Le but annoncé est de sensibiliser à la disparition des abeilles. Mais implanter trop de colonies en ville n'est peut-être pas si une bonne idée. Car sans réflexion sur la manière de gérer les ressources en nourriture, une réelle concurrence risque de s'installer entre ces insectes.

À Bruxelles, on trouve de plus en plus de colonies d’abeilles domestiques installées sur les toits de la ville. C’est tendance, surtout pour les entreprises. Pour Marc Wollast (coordinateur de  l’association bruxelloise  à l’éducation à l’environnement Apis Bruoc Sella), le marketing prend le pas sur le projet écologique. "Actuellement, dans beaucoup de projets, c’est vraiment une technique de greenwashing, une technique purement marketing. C’est ridicule. Non, il faut un projet intégré. Mettre des ruches sur le toit doit s’accompagner de toute une série de choses. Il faut avoir une réflexion au niveau des plantations.

Augmenter le nombre d’individus d’une espèce sans penser à sa nourriture comporte des risques, notamment de concurrence. À terme, les abeilles domestiques et les abeilles sauvages pourraient se livrer à une véritable guerre des fleurs. "Si l’on gère cela mal et qu’on vient à mettre une densité trop élevée de ruches d’abeilles domestiques à certains endroits (par exemple ceux exploités par les abeilles sauvages), elles risquent de manquer de ressources."

Pour ces militants et chercheurs, installer des ruches dans les villes, c’est bien mais cela ne suffit pas. Un vrai travail de réflexion doit être aussi réalisé concernant notamment la nourriture de ces insectes butineurs, sans quoi le problème ne sera jamais pris à bras-le-corps.

Maxime Binet

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