A Tournai, "La Petite Constance" ne produit aucun déchet

Réduire nos déchets, alléger nos poubelles, voilà un enjeu économique et écologique qui mobilise beaucoup d’efforts. Mais on dit toujours que le meilleur déchet est celui qui n'existe pas. D'où l'idée d'un magasin " zéro déchet ". Le concept existe déjà à Anvers mais voici qu'une jeune Tournaisienne de 23 ans vient d'ouvrir sa petite boutique sans déchets à Willemeau, près de Tournai. En poussant la porte de " La Petite Constance ", on est surpris de voir des rayonnages assez dépouillés. Ni boites, ni sachets, ni paquets mais une série de distributeurs munis soit d'une manette, soit d'une petite pelle...

De l’autre côté du magasin, il y a les cosmétiques. Du déodorant, du dentifrice et des shampoings solides, emballés dans un léger carton recyclable. La créatrice du magasin, Constance Vander Maren a une formation de diététicienne. Mais ce sont les poubelles qu’elle a envie de faire maigrir. Son intérêt pour la filière bio l’a amenée à pousser plus loin la démarche. " Réduire les emballages, c’est dans l’intérêt du client, de la planète et des producteurs ".

Les clients doivent s'organiser

Fruits secs, céréales, riz, biscuits, friandises... sont emportés dans des sacs, boites, bocaux sachets amenés par les clients. Ils doivent donc s’organiser mais ça ne semble pas les déranger. Une cliente, présente dans le magasin, nous explique que ce n’est pas très compliqué : " en faisant ma liste de course, il suffit de réfléchir à emporter des boites ou des sachets pour les produits que je vais acheter et si j’ai oublié un contenant, la boutique en vend et elle met à disposition des petits sachets en papier, au cas où ". Pour calculer le poids des produits achetés, le magasin pèse d’abord le "contenant" du client et le déduit. Seul problème, les liquides. Difficile cependant d’évaluer le contenu d’une bouteille. " La Petite Constance " fonctionne donc avec le bon vieux système de la consigne : " je travaille avec une société de Villeneuve-d’Ascq qui vient reprendre les bouteilles ramenées par les clients, les lave et me les rend. On utilise ainsi la même bouteille des centaines de fois au lieu de la mettre à la casse après une seule utilisation"

En vrac, c'est moins cher

Sans emballages, ces produits bios coutent jusqu'à 30% de moins qu'avec emballage. Mais vendre en vrac, ça demande une grande rigueur sur le plan sanitaire. " J’ai des contrôles comme tout le monde mais je dois être encore plus attentive à la propreté du magasin. Et il faut bien refermer les boîtes dans mon stock ".

Les magasins 100 % zéro déchet commencent à se développer dans les grandes villes européennes. Constance Vander Maren, a plutôt choisi Tournai et encore, pas le centre-ville. S’installer en zone rurale, c’est un fameux pari mais déjà les réactions sont très positives : " je crois qu’il y a une réelle demande de la part d’une clientèle qui en a marre des produits suremballés". A notre connaissance, " La Petite Constance ", en tant que magasin 100% zéro déchet serait le premier du genre en Wallonie.

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