À Tourinnes-la-Grosse, le seul camping touristique du Brabant wallon ne désemplit pas

Installer sa caravane, près des ânes, au cœur de la nature
Installer sa caravane, près des ânes, au cœur de la nature - © S. Vandreck

Un potager, un enclos où paissent des ânes, un autre où s’ébrouent des chevaux, un étang, des bosquets… C’est le petit coin de paradis rêvé par Amélie Mulliez. La jeune femme a repris il y a trois ans le camping de Tourinnes-la-Grosse pour y accueillir les touristes de passage et les citadins en manque de nature. "Je ne rêvais pas du tout de tenir un camping, même si j’en ai fait beaucoup étant petite, confie-t-elle. C’était le camping municipal, où il y avait des tonnes d’activités par jour. C’est super quand on est jeune, mais je ne me voyais pas faire ça. Je cherchais surtout un lieu de partage et je suis tombée amoureuse de ce lieu-ci. Aujourd’hui, je tiens donc un camping, mais il s’y passe tout ce que j’aime".

À 25 minutes de Bruxelles

La jeune propriétaire a limité le nombre d’emplacements à une trentaine. Elle accueille les campeurs avec leur tente, leur caravane, leur camping-car. Ou même sans rien, dans un tipi qu’elle leur loue pour une ou plusieurs nuits. "On entend les oiseaux, le souffle des chevaux à côté, les bruits de la nature…" Quelques tiny houses, en nombre très limité, occupent également une partie du terrain. Elles appartiennent à des citadins qui viennent ici y passer leurs vacances ou leurs week-ends, comme Hortense, une schaerbeekoise qui vient régulièrement prendre l’air de la campagne, dans sa jolie roulotte : "Je peux venir pour une après-midi, en 25 minutes. Je mets plus de temps pour traverser Bruxelles que pour venir ici ! J’aime méditer, j’aime la solitude, le calme. Et quand j’en ai assez, je retourne dans l’agitation de Bruxelles". Amélie refuse par contre les domiciliations à l’année, qui nuisent selon elle à l’image des campings.

Il y a toujours du monde qui a envie de remettre ses pieds nus dans l’herbe

En cette journée de juillet, la jeune femme doit gérer plusieurs arrivées et plusieurs départs. Un jeune couple de Bruxellois repart les bras chargés de courgettes et de bons souvenirs. Un couple de sexagénaires flamands arrive avec sa caravane : "On revient d’Ardenne. Mais comme on aime faire du vélo, à notre âge, on trouve que c’est plus plat par ici", commente-t-il. Amélie les installe, règle leur raccordement électrique, leur fait visiter les sanitaires et prend leurs commandes pour le pain que livre le boulanger tous les matins. Plus loin, des campeurs replient leur tente. "On est venus ici pour la nature. Il faut dire que nous habitons en plein centre d’Anvers", précisent Nico et Vanessa. Le pari d’ouvrir un camping en Brabant wallon était-il risqué ? "Je ne me suis jamais posé la question, répond Amélie. Il y a toujours eu du monde qui a envie de remettre ses pieds nus dans l’herbe". Et vu la tendance de plus en plus marquée pour le slow tourisme, le retour à la nature et les vacances de proximité, ce genre d'endroit pourrait bien ne plus être le seul dans la province d'ici quelques années.

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