A Mons, un atelier citoyen pour apprendre comment changer la Constitution

Un atelier de (ré)écriture de la Constitution qui remporte un beau succès
Un atelier de (ré)écriture de la Constitution qui remporte un beau succès - © RTBF

C'est l'histoire d'une rencontre. D'un côté, une constitutionaliste, Anne-Emmanuelle Bourgaux, Professeur à l'Ecole de droit U-Mons-ULB. D'autre part Johan Bruyère, enseignant de la région de Charleroi et membre des Gilets Jaunes depuis l'automne dernier. La première connait la Constitution comme sa poche et s'intéresse particulièrement à son histoire. Le second a participé à de nombreuses actions, à des blocages, à des manifestations mais il est conscient que pour aller plus loin, il faut passer par d'autres formes d'expressions et par une meilleure connaissance des rouages politiques. Il vise notamment le recours au referendum d'initiative citoyenne (RIC). Une rencontre sur un plateau télé et l'idée était née: organiser des ateliers de (ré)écriture de la Constitution. Pour Anne-Emmanuelle Bourgaux, cette formation coïncide avec le centième anniversaire du suffrage universel masculin: "Pour moi c'était l'occasion de faire d'une pierre deux coups car ça fait longtemps que je pense que le savoir constitutionnel ne devrait pas être le monopole des juristes et que la Constitution appartient à tous. Par ailleurs, cela permettait de répondre à ces associations de plus en plus nombreuses qui s'adressent aux constitutionnalistes et aux politologues parce qu'ils se posent des questions. Et en démocratie, que les citoyens se posent des questions, c'est une bonne nouvelle".

Deuxième atelier ce samedi 9 mars dans un auditoire de l'Umons. Les places libres sont rares. Quelques étudiants, des Gilets Jaunes mais aussi des membres d'autres associations comme Mouvement Citoyen ou Belvox.

Sur chaque table, une copie de la Constitution, ce document de 67 pages qui est le socle de l'Etat belge. Un socle solide certes mais qui a été modifié à de multiples reprises depuis 1831. Modifier encore ce texte, beaucoup en parlent. Mais quels sont les mécanismes qui le permettent? C'est de tout cela qu'il est question dans ces ateliers. Avec humour et pédagogie, la constitutionaliste décrit les procédures, écoute attentivement les questions et répond patiemment à chacune. Dans l'assemblée, on sent souffler le vent de la révolte, certains voudraient repartir d'une page blanche...

A la pause, le débat se poursuit dans les couloirs. Quand on demande aux participants ce qui les motive à passer leur samedi matin entre les murs de l'université, leurs réponses se ressemblent. Geneviève Cordier du mouvement "Collectif citoyen" explique que ce qui l'intéresse c'est de savoir comment changer la Constitution "dans le bon sens, dans le sens où le citoyen aurait davantage le droit à la parole". "Si on veut changer les choses, il faut connaitre les règles dans lesquelles on doit fonctionner" ajoute Luigi Chiavarini. Il raconte avoir lu la Constitution pour la première fois il y a deux mois, un texte qu'il décrit comme "très compliqué, inabordable, il faut avoir fait un certain niveau d'études pour le comprendre". Stéphane Michiels, membre de Belvox parle quant lui de "texte opaque". "Nous revendiquons que la Constitution et tous les textes de loi soient écrits dans un langage compréhensible par tous" ajoute-t-il.

Les ateliers de (ré)écriture de la Constitution pour tou.tes.s se déroulent un samedi par mois jusqu'en juin.

 

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