A Meise, le français est banni dans les clubs de sport

Cette mesure est décidée "Parce qu'on reçoit de plus en plus de plaintes de parents qui disent que le néerlandais n'est pas parlé", explique Wim Verbeke (Illustration d'octobre 2010)
Cette mesure est décidée "Parce qu'on reçoit de plus en plus de plaintes de parents qui disent que le néerlandais n'est pas parlé", explique Wim Verbeke (Illustration d'octobre 2010) - © EPA

Un nouveau rappel à l'ordre linguistique est survenu dans une commune flamande de la périphérie bruxelloise. Wim Verbeke, échevin des Sports de Meise, a envoyé un courrier aux clubs de sport. Dans cette lettre, il rappelle que l'on ne peut entendre que le néerlandais sur les terrains et dans les vestiaires. En cas de laxisme, la commune envisage des retraits de subsides.

Meise est une commune de 18 000 habitants située au seuil de Bruxelles et qui dispose de belles infrastructures sportives. Les clubs de la zone ont tous reçu un rappel du CD&V Wim Verbeke, dans lequel il indique que, sur le terrain, on ne peut parler que le néerlandais. "Parce qu'on reçoit de plus en plus de plaintes de parents qui disent que le néerlandais n'est pas parlé, on a envoyé une lettre à tous les clubs de la commune. Si on continue à recevoir des plaintes au sujet d'un club ou d'une association en particulier, on a bien l'intention de retirer d'éventuels subsides", menace l’échevin des Sports.

Le message est reçu cinq sur cinq dans ce stage de football, où, jusqu'à présent, on ne refusait pas de traduire une consigne qu'un enfant n'aurait pas comprise. Parmi les jeunes joueurs, quelques francophones sont venus tenter l'immersion. "Je viens pour apprendre, pour parler avec d’autres enfants en néerlandais. Pour les jeux et les activités, je comprends. Quand il y a du temps libre, j’ai du mal à rester tout seul", explique un jeune francophone. Ce choix de stage est courageux et pas forcément facile vu l'ambiance du moment. D’ailleurs, les sportifs francophones n'inondent pas particulièrement à Meise. Dans ce stage, ils sont six ou sept sur une soixantaine d'enfants.

Dans cette commune à majorité CD&V/N-VA, la lettre ressemble à un rappel politique. Elle réaffirme qu’à Meise, nous sommes en Flandre et que la frontière linguistique est à deux pas, mais qu’elle est et doit rester étanche.

Baudouin Remy – Myriam Baele – Delphine Wilputte

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