Alain Mathot: son dossier judiciaire malmené par des fuites dans la presse

L'enquête sur des pots-de-vin, pour obtenir le marché de l'incinération des ordures liégeoises, dure depuis six ans. Elle est bouclée depuis deux mois. A proprement parler, il n'y a pas d'élément neuf dans ce dossier. Et pourtant, plusieurs journaux en font leurs choux gras. Les uns annoncent trois inculpations de plus, d'obscurs intermédiaires financiers suisses. Les autres parlent d'un mensonge du député bourgmestre sérésien: son train de vie a été minutieusement scruté. Il a justifié ses dépenses, par des gains, autour notamment d'une table de jeu cannoise. Les investigations sur la Côte d'Azur ont révélé qu'il a plutôt... perdu de l'argent.

Selon l'intéressé, les sommes en cause ne sont, de toutes façons, pas énormes. Et, à l'en croire, tous ses paiements, par banque ou en liquide, depuis dix ans, ont été expliqués aux policiers: les réponses aux questions, selon nos informations, s'étalent en mille pages de procès-verbaux d'auditions, en trois classeurs.

Alors, il convient de s'interroger sur les "révélations" de presse de ce jeudi. Elles interviennent, curieusement, au lendemain de la mise en cause du juge d'instruction en charge de l'affaire, un magistrat dont les frais d'expertises excessifs et les méthodes (à charge) ont été épinglées dans au moins deux autres cas. Fuites et contre-fuites empoisonnent le climat, et il devient urgent que le parquet du procureur du Roi boucle son réquisitoire.

Michel Grétry

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK