À Louvain-la-Neuve, quelle prise en charge pour les victimes d'agression sexuelle?

Le service d'aide aux étudiants est formé pour accueillir les victimes de violences sexuelles, mais celles-ci en poussent rarement la porte
2 images
Le service d'aide aux étudiants est formé pour accueillir les victimes de violences sexuelles, mais celles-ci en poussent rarement la porte - © S. Vandreck

Avec plus de 20.000 étudiantes et étudiantes qui y suivent les cours, logent et participent à toutes sortes d'activités sportives, culturelles et festives, Louvain-la-Neuve n'est pas tout à fait une ville comme les autres. Dans ce contexte particulier, les violences sexuelles existent, mais peuvent prendre des formes différentes. "Le milieu étudiant est aussi festif. Il peut y avoir des relations sexuelles sans consentement. On est aussi dans un milieu académique, où des relations hiérarchiques peuvent donner lieu à des tensions, que ce soit dans le milieu étudiant ou doctorant", confirme Anne-Sophie Masureel, chargée de mission santé au service d'aide aux étudiants de l'UCLouvain. Y a-t-il pour autant plus d'agressions sexuelles sur le campus universitaire qu'ailleurs ? Dans son dernier rapport, la zone de police faisait état d'une dizaine de faits par an, tout en reconnaissant qu'il existe sans doute un "chiffre noir", de faits qui ne font pas l'objet d'une plainte, auprès de la police ou des autorités académiques. "Souvent les victimes ont peur des représailles", explique Éléonore Haddioui, secrétaire générale de l'Association Générale des Etudiants de Louvain (AGL).

Des étudiantes mal informées

Si peu de plaintes remontent aux autorités, ce serait aussi parce que les étudiantes ne savent pas toujours où s'adresser en cas d'agression. C'est en tout cas ce que dénonce l'AGL. Même si la police organise de nombreuses patrouilles, de jour comme de nuit sur le site, elle ne dispose pas d'un commissariat ouvert 24h/24 à Louvain-la-Neuve. L'UCLouvain met quant à elle à disposition des étudiants un service d'aide. Mais celui-ci prend aussi bien en charge des cas de précarité financière, des problèmes d'orientation que des questions relatives à la santé dont fait partie le viol. "Le service est visible, mais pour ces questions-là, les étudiantes savent-elles qu'elle peuvent y venir? Savent-elles à qui d'autre s'adresser?", s'interroge Anne-Sophie Masureel.

Un manque d'information également pointé du doigt par l'AGL. Un groupe de travail, composé d'étudiants et de représentants de l'UCLouvain, s'est d'ailleurs constitué pour réfléchir à ces questions et améliorer tant la communication autour des services, la prise en charge des victimes que la prévention des violences sexuelles sur le campus.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK