A la rencontre de Patrick Hilgers, guide et propriétaire de 6000 objets en lien avec la Seconde Guerre mondiale

A la rencontre de Patrick Hilgers, guide et propriétaire de 6000 objets en lien avec la seconde guerre mondiale.
A la rencontre de Patrick Hilgers, guide et propriétaire de 6000 objets en lien avec la seconde guerre mondiale. - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

A Bastogne, il existe un musée consacré exclusivement à la Seconde guerre mondiale. Au War museum de Bastogne, les visiteurs peuvent découvrir une impressionnante collection d’objets d’époque. Il y a les traditionnels chars, les uniformes, les casques, et les armes. Parmi les pièces exposées, il y a aussi une série d’objets du quotidien, qui intéressent fortement Patrick Hilgers, collectionneur et enseignant. Celui-ci a prêté 400 objets au musée, et chez lui, il en conserve plus de 6000.

Il s’agit surtout d’objets qui faisaient le quotidien des gens: un carnet que chaque enfant recevait, un petit brassard avec le signe nazi dessus, ou encore un couteau avec la croix gammée gravée dessus. " J’ai beaucoup entendu parler mes voisins, mes parents et grands-parents, et c’est l’aspect humain de ce qu’ils ont vécu qui m’a intéressé. Je me suis donc dit : pourquoi ne pas commencer et essayer de faire des recherches sur des documents ou des objets qui ont expliqué leur quotidien ? On ouvre de nouvelles portes et ça devient intéressant, du moins c’est ce qui, moi, m’a passionné", raconte Patrick Hilgers.

Sa collection, c’est l’histoire de sa vie

Dans une des vitrines, ce passionné pointe aussi un uniforme de soldat belge, et avec en dessous, deux casques. L’un est intact, l’autre est abîmé, car il y a un trou sur le côté gauche. " C’est un objet qui, pour moi, a une force." C’est l’histoire qui le séduit. Cela fait 35 ans que Patrick Hilgers écume les brocantes et les foires spécialisées. "Évidemment, au fur et à mesure des années, on se spécialise, on essaye de trouver la pièce qu’on n’a pas encore et c’est parfois au détour d’une petite brocante de rien du tout qu’on va peut-être trouver la pièce la plus anecdotique, et c’est chaque fois un contact qui est pris entre une histoire qui va se raconter et parfois des gens qui vendent, des familles qui vendent des choses sans savoir pourquoi. J’ai toujours beaucoup de plaisir à leur dire : " vous savez, ce que vous avez là… " Ça pourrait jouer un peu en ma défaveur, parce qu’ils pourraient dire : " on va lui vendre un peu plus cher ". Mais pas du tout, les gens sont super contents de connaître l’histoire et de savoir que cet objet ne va pas finir…" confie-t-il, avec beaucoup d’émotion dans la voix.

Tous les sentiments que ces objets de la seconde guerre mondiale véhiculent sont encore très présents chez lui. Prêter les objets de sa collection au War Museum de Bastogne, c’est l’histoire de toute une vie, pour ce professeur. " Oui, c’est toute une vie, c’est évident. On parle de collection, mais je pense que c’est plus un état d’esprit, un état d’âme. Et mon métier rejoint ma passion, ce qui est vraiment extraordinaire pour moi. Les élèves ont énormément d’intérêt pour toutes ces histoires et ils arrivent à retrouver dans les familles les histoires des objets en rapport avec ce qu’on leur raconte. Et là c’est le plus beau cours d’histoire." Le War Museum de Bastogne, c’est devenu comme sa deuxième maison.

 

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