Coronavirus: à l'université, les examens de première session auront lieu à distance

A l'université, les examens de première session auront lieu à distance
A l'université, les examens de première session auront lieu à distance - © Belga

Pour respecter les règles du confinement (ou celles du déconfinement, qui suivront), les universités vont largement privilégier les examens à distance. Pour la première session, qui démarrera le 16 mai, sauf rares exceptions, les étudiants seront donc évalués à la maison, derrière un ordinateur.

Pour les examens oraux, les professeurs peuvent utiliser des logiciels de vidéoconférences comme Teams. "Ce sont des équipements sécurisés, estime Annick Castiaux, vice-rectrice à l’enseignement à l’Université de Namur. Pour des raisons de sécurité ou de confidentialité, nous déconseillons à nos professeurs l’usage de Google, Youtube, Facebook, Messenger WhatsApp ou Skype."

Et pour les examens écrits, notamment les QCM, il existe des équipements assez bien rodés pour l’évaluation des étudiants en ligne, comme Blackboard.


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Portes ouvertes aux tricheries ?

Des étudiants qui passent leurs examens à la maison, est-ce la porte ouverte à toutes les tricheries ?

"Il y en aura, commente Annick Castiaux. On ne pourra jamais s’assurer que l’étudiant n’est pas aidé par quelqu’un à côté de lui. Ou qu’il cherche les réponses dans son cours. Mais la tricherie, cela existe aussi dans les auditoires. Les professeurs peuvent aussi concevoir des méthodes d’examen qui rendent la tricherie un peu vaine, en posant des questions de réflexion plutôt que de pure mémoire."

Certains logiciels sont qualifiés de "protégés" car ils possèdent des fonctions "anti-tricherie". Par exemple en empêchant l’ordinateur de l’étudiant examiné d’exécuter une autre tâche pendant l’évaluation, ou même en prenant une photo de l’étudiant toutes les trois secondes pour s’assurer que c’est bien lui qui est derrière l’écran.

Certaines universités francophones envisagent de recourir à cet outil. "Pas l’université de Liège, tranche Anne-Sophie Nyssen, vice-rectrice à l’enseignement. C’est trop intrusif dans la vie privée des étudiants." Dans un autre état d’esprit, l’ULiège veut plutôt responsabiliser les étudiants en leur faisant signer une charte de "fair-play".

 

Une bonne dose de stress pour les étudiants

Est-ce que cela va bien fonctionner ? Certains professeurs utilisent déjà ces techniques d’évaluation à distance. Mais pour beaucoup cela sera le baptême du feu.

"Il y aura donc une semaine blanche, avant la session, durant laquelle les profs et les étudiants pourront tester les modalités de l’examen, une sorte de répétition générale", explique Anne-Sophie Nyssen.

Reste une question : quid des étudiants qui ne sont pas dans de bonnes conditions matérielles pour passer un examen à distance ? Il faut un ordinateur fiable, une connexion internet suffisante, un local isolé calme… "Cela ne représente sans doute que quelques % de la population étudiante, mais nous devons leur fournir une solution", explique Anne-Sophie Nyssen.

Cela prendra sans doute la forme d’un local mis à la disposition des étudiants qui en feraient la demande, équipé sur un plan informatique, et dans le respect des règles du confinement. Du moins celles qui prévaudront à partir du 16 mai prochain, la date du début de la session d’examens.

 

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