A l'Institut Albert 1er à Enghien : l'immersion est un succès mais on manque de "juffen"

Juf Céline (en néerlandais) et Mr Alain (en français) sont en charge de la 2e année en immersion
3 images
Juf Céline (en néerlandais) et Mr Alain (en français) sont en charge de la 2e année en immersion - © RTBF

Rentrer à l’école, c’est retrouver les copains, la cour, les enseignants et… le néerlandais pour un bon tiers des élèves de l’Institut Albert 1er d’Enghien. Dans cette commune à facilités, l’immersion linguistique remporte un beau succès. Frédéric Desplanque, père de 4 enfants a choisi cette formule et ne le regrette pas : "" les langues c’est important et il faut que ça rentre dans la tête le plus tôt possible. L’immersion, ce n’est pas pour être tout à fait bilingue mais pour apprendre à aimer la langue ".

Apprendre la langue par le jeu

Dans la cour de récréation nous croisons Clara (5ème) et Juliette (4ème) ravies de retrouver leur école, leurs amis et de découvrir une nouvelle classe et de nouvelles matières. Ces deux amies sont en immersion depuis leur 3ème maternelle et apprécient : " on apprend une nouvelle langue et c’est chouette " mais les enfants reconnaissent qu’elles ont peu d’occasion de parler néerlandais en dehors de l’école " mais parfois on regarde des films en néerlandais ".

Dans sa classe, Juffrouw Céline ne parle que le néerlandais. Néerlandophone, diplômée en langue germanique et en français, Juf. Céline n’était pas destinée à devenir institutrice mais elle a été séduite par le projet de l’école. Elle décrit des enfants qui apprennent très facilement une nouvelle langue. En maternelle la moitié des périodes de cours sont en néerlandais : " Quand ils sont petits on les jeux, les activités ludiques et ça va vite, les enfants sont très réceptifs à la seconde langue ".

Pénurie de "Juffen"

Ludivine aurait aimé inscrire sa fille Iris en immersion mais cela n’a pas été possible : " Pour ce qui est de l’immersion, c’est un coup de chance, un coup de poker, ça se fait par appel téléphonique. On ne l’a pas eu mais j’ai quand même choisi cette école parce qu’il y a de toute façon du néerlandais dès la deuxième maternelle et je suis satisfaite ".

Christian Lamon, directeur de l’Institut Abert 1er confirme qu’il est impossible de répondre à toutes les demandes : " Il y a plus de demandes que de places disponibles, on a donc créé une procédure très stricte pour que chacun puisse avoir sa chance " Pourquoi ne pas créer plus de places ? " Par manque d’enseignants essentiellement ". Difficile de trouver des professeurs de néerlandais "native speakers" qui acceptent de venir travailler dans la partie francophone du pays. " Ils ne connaissent pas trop, ils ne savent pas comment c’est organisé de l’autre côté de la frontière linguistique et les salaires sont un peu moins élevés… ".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK