A l'avenue Louise, les caves de la gestapo sont intactes

Les caves de la gestapo de l'avenue Louise ont servi de lieu d'interrogation et de torture de nombreux juifs et résistants
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Les caves de la gestapo de l'avenue Louise ont servi de lieu d'interrogation et de torture de nombreux juifs et résistants - © RTBF

Va-t-on sauvegarder les caves de la gestapo, situées avenue Louise? C'est ce que demandent des associations. Pendant la Seconde guerre mondiale, les polices de sécurité nazies s'étaient installées dans plusieurs immeubles. Elles y ont interrogés et torturés de nombreux juifs et résistants. Aujourd'hui, reste les traces du passage de ces hommes dans les caves des immeubles. Evocation de l'histoire de ces lieux.

André Dartevelle, ancien journaliste de la RTBF, indique: "Vous voyez le soupirail ici. Cela correspond à une cellule, dans laquelle étaient enfermés des résistants du front de l’Indépendance." L’homme connaît bien cet endroit pour lui avoir consacré une étude. Ce n'est évidemment pas le cas de la plupart des Bruxellois.

Les numéros 347 et 453 de l’avenue Louise comptent parmi les lieux plus importants et les plus emblématiques de la Seconde guerre mondiale en Belgique. Pendant près de deux ans, c'est là que les juifs et les résistants étaient interrogés et torturés avant d'être transférés ailleurs.

Robert Schriewer, ancien résistant, rescapé de Breendonk, se souvient de son passage à l’avenue Louise. "Je vois tellement bien ces types. Ils frappaient, à coups de bottes, partout, sur tout le corps, mais sur la figure, surtout. Moi, j’avais une tête « comme ça ». J’ai été envoyé dans le bâtiment qui est en face, là, au numéro 510. J’étais dans une cave. Il y en avait un dans une autre, mais on n’a jamais eu de contact", se souvient-il.

Simon Gronowski est, lui aussi, passé par le siège bruxellois de la gestapo. Avec sa sœur et sa mère, il est pris dans une rafle. Enfant à l'époque, il a très vite perdu toute son insouciance. "Quand je suis arrivé ici, que j’ai été enfermé dans cette cave avec ma mère et ma sœur et que j’ai entendu, derrière la porte, qu’on torturait quelqu’un – un homme que je ne connaissais pas, mais qui criait – j’ai découvert la barbarie nazie", témoigne-t-il, ému.

Cette barbarie, Simon Gronowski et Robert Schriewer y ont survécu. Aujourd'hui, ils espèrent encore que les cellules par lesquelles ils sont passés à Bruxelles puissent devenir un lieu de mémoire.

Ce vendredi, un colloque est organisé sur le sujet par la fondation Auschwitz. Il y sera question de la sauvegarde des messages tracés par les personnes séquestrées. Une demande de classement a été introduite en 2008 par la Fondation. Une demande à laquelle, jusqu'ici, aucune suite n'a été donnée.

Pierre Vandenbulcke – Delphine Wilputte

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