A Ixelles, fini les commerces qui se cachent derrière des ASBL

Lors de la vaste opération de contrôle de police qui avait ciblé les commerces des quartiers Matonge et Flagey à Ixelles, en octobre dernier, de nombreuses infractions étaient apparues. Les législations en matière de lois sociales, d'urbanisme, d'emploi étaient largement bafouées au point d'inciter la commune d'Ixelles à organiser des séances d'informations visant à y mettre un terme. La première était organisée ce jeudi. Elle a permis à de nombreux commerçants de rencontrer des représentants de l'AFSCA, ou des services compétents en matière d'urbanisme, de commerce ou de propreté.

La commune d'Ixelles veut-elle nous forcer à quitter Matonge?

Lors de cette matinée d'information, nous rencontrons Floride qui est venue accompagnée de ses sœurs et cousines. Ensemble, elles réalisent des coiffures africaines dans une boutique de Matonge. Officiellement, il s'agit d'une ASBL et elles ne comprennent pas pourquoi elles devraient à l'avenir disposer d'un registre de commerce. A les croire, la commune d'Ixelles ciblerait les activités communautaires qui n'ont rien à voir avec du commerce. "Nous faisons partie d'une communauté qui aime la convivialité, partager certaines activités, comme tresser les cheveux ou boire une bière".

Mais pour Viviane Teitelbaum, échevine du Commerce à Ixelles, c'est clair! Les snacks, bars et autres salons de coiffure qui ont un statut d'ASBL, doivent se mettre en ordre. "En terme d'hygiène, il y a des règles à respecter! En terme d'urbanisme ou d'environnement aussi... On ne peut pas installer un barbecue sur sa terrasse et en faire un restaurant"

Certains se mettent en ordre mais cela coûte cher

Chantal Hemerijckx est présidente de l'association de quartier "Quartier des Continents". Elle approuve l'action menée par la commune : "Les ASBL ont longtemps bénéficié d'un certain laxisme et cela constituait une concurrence déloyale par rapports à leurs voisins qui, eux, ont un registre de commerce, déclarent leur personnel et vendent leur bière deux fois plus cher que le bar à côté qui ne respecte pas la législation."

Peu à peu, quelques commerçants ont choisi de régulariser leur situation, même si cela coûte plus cher! Derrière son comptoir de poulet à la sauce arachide, nous rencontrons Hortense. Pour gérer son snack de cuisine africaine, elle a suivi les conseils de son comptable et dispose désormais d'un registre de commerce. Ce qu'elle apprécie le plus à travers son nouveau statut : ne plus redouter les contrôles de police, fréquents dans le quartier.

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