A Genval, on tire à l'arc verticalement dans une tour désormais classée

La tour fait partie du paysage local et désormais du patrimoine wallon
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La tour fait partie du paysage local et désormais du patrimoine wallon - © S. Vandreck

C’est une construction qu’on ne peut pas manquer à Rixensart : la tour de la perche couverte. Une curieuse tour haute de 30 m, couverte d’ardoises, qui se dresse en plein centre du village de Genval. Elle vient d’être classée par la ministre wallonne en charge du Patrimoine et est donc désormais protégée.

C’est un des deux derniers exemplaires de ce genre d’édifices encore debout en Wallonie. La seule encore en activité. On y pratique le tir à l’arc vertical. "C’était une activité qu’on pratiquait beaucoup en extérieur dans les villages. Rien que sur Rixensart, on dénombrait plusieurs perches dans différents quartiers", se souvient Michelle Nambru, la présidente du cercle de tir local.

Des tournois toute l’année

L’idée est de toucher avec ses flèches des cibles placées en hauteur, sur une perche, ici à 27 mètres de haut. En extérieur, le vent, la pluie et même un soleil trop fort peuvent perturber le tir. Ce qui empêche les tournois de se dérouler toute l’année.

"Ici, ce sont quatre ouvriers originaires de Wavre qui ont voulu tirer toute l’année. En 1928, ils ont demandé à pouvoir construire cette perche couverte. Ils ont commencé les travaux, jusqu’au moment où ils n’ont plus eu assez de sous. Ils ont alors demandé à Auguste Lannoye, le patron des papeteries qui venaient de s’installer à Genval, s’il pouvait les aider financièrement", raconte Michèle Nambru.

Un petit musée retrace l’histoire du lieu, les différentes coupes qui s’y sont déroulées depuis près d’un siècle, à travers des affiches, des photos et des trophées.

Oiseaux et médailles

Ce samedi, un tournoi rassemblait plusieurs sociétés de tir venues essentiellement du Brabant wallon, du Hainaut et de Flandre, où cette discipline est encore très vivace. Une centaine de tireurs, hommes et femmes et de tous les âges, ont passé l’après-midi dans la petite salle de café attenante à la tour, en attendant de pouvoir tirer, dans une ambiance conviviale.

"Chaque société est appelée et chacun de ses membres ne tire qu’une flèche à chaque passage", insiste la présidente. En fonction des cibles de plumes colorées atteintes, "les oiseaux", la plus grosse et la difficile à atteindre étant "le coq", les tireurs obtiennent des médailles qui valent un certain nombre de points. Ceux-ci sont additionnés à la fin de l’après-midi et le gagnant sera évidemment celui qui en aura marqué le plus.

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