A Charleroi, la crasse urbaine devient un support publicitaire

Gilet fluo flanqué sur les épaules, Géry Bochenski donne l'impression d'appartenir au service propreté de la ville de Charleroi. Armé d'un nettoyeur haute-pression, il nettoie le trottoir d'un jet d'eau surpuissant. Mais à y regarder de plus près, il n'en est rien. Ce jeune entrepreneur carolo crée un espace publicitaire dont la base, c'est la saleté urbaine: "Toutes les villes sont sales donc c'est un concept qui peut être utilisé à travers le monde entier. Un pochoir métallique suffit et nous permet de "nettoyer" tout type de forme sur tous les supports urbains imaginables".

Avec son cousin François, ils se sont directement inspirés d'initiatives semblables qui ont jailli, tel l'eau d'un tuyau, à Paris, Tokyo ou New-York : "C'est un support publicitaire qui est là, à nos pied et presque infini à disposition donc nous avons créé une boite de communication qui se spécialise dans ce type de publicité écologique car il ne nécessite que de l'eau là où un support classique a besoin de papier, de carton, d'encre ou de colle. Et en plus, ça part naturellement au bout de quelques semaines", s'enthousiasme François Wartel, le co-créateur de la société.

D'égal à légal

L'avantage ? La facilité. Les deux compères établissent un gabarit informatique qui servira de base au pochoir métallique. Ensuite il suffit de parcourir les artères de n'importe quelle ville et de choisir les bonnes zones pour décrasser un banc, un trottoir, un passage pour piétons pour cumuler coup de neuf et coup de pub : "On a établi une large base de données à travers toute la Wallonie pour chaque zone urbaine à l'aide des asbl des différents centre-ville. Un top 10 des endroits les plus fréquentés par les piétons a été sélectionné et en combinant cela avec les arrêts de bus, les bouches de métro et les gares ferroviaires, on couvre largement de quoi satisfaire nos clients", explique François. 

Et puis toutes ces surfaces publicitaires d'un nouveau genre sont gratuites, ce qui permet à leur petite entreprise, Eco-communication, de proposer d'excellents tarifs: "Ce n'est pas de la dégradation comme des graffitis ou des tags. Il y a un vide juridique car nettoyer l'espace public n'est pas du tout illégal. Nous, on nettoie la rue pour pouvoir faire de la publicité", défend Géry. Reste à savoir si un "vide juridique" doit permettre que l'entièreté de l'espace urbain devienne un encart publicitaire potentiel.

Géry et François - et toute un série de jeunes entrepreneurs aux idées originales - présenteront leur projet à l'occasion du Forum Mind And Market qui se tiendra à la Géode du Palais des Expositions de Charleroi, le 9 février prochain.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK