A Bruxelles, les Roms vivent dans des conditions déplorables

Chez nous, la situation des Roms est de plus en plus préoccupante. De nouvelles familles avec enfants sont arrivées à Bruxelles. Faute d'accueil, elles dorment à la gare du Nord. Quant aux familles arrivées voici plusieurs mois, elles sont trimballées de lieux en lieux et vivent au rythme des évacuations. Une soixantaine de Roms, récemment explusée d'Etterbeek, vivent dans les anciens locaux d'AB3, situés dans la chaussée d'Ixelles. Leurs conditions sont très pénibles.

Nous sommes dans des anciens studios de télévision, qui n'en ont plus que le nom. Ici, 43 enfants Roms et leurs parents se partagent une douche, une toilette et une grande salle de vie poussiéreuse, où sont entreposés des matelas à même le sol.

Malgré l'effort évident des nouveaux locataires, les conditions sanitaires sont largement insuffisantes: pas d'air, pas de lumière du jour, non plus, si ce n'est les trous dans le toit, qui laissent passer les gouttes. "Ils tombent malade les uns après les autres, ont jusqu’à 39,9°C de fièvre. Ils ont des rhino-pharyngites", dénonce Agnès.

Avec son collectif, Les petits samouraïs, elle leur vient en aide. "Au niveau psychologique, les enfants, je les trouve très fatigués, déplore-t-elle. Ils sont moins vivants qu’il y a une semaine, quand nous étions encore à Etterbeek, où il y avait plus de lumière et où ils avaient plus d’espace de jeu, etc."

Les familles viennent toutes de Slovaquie ou de République tchèque. Des pays où les Roms sont victimes de persécutions. Pourtant, ici, elles ne bénéficient d'aucun accueil. Issues de pays membres de l'Union européenne, elles ne peuvent réclamer aucune protection. Le délégué général aux droits de l'enfant, Bernard Devos, s'en indigne. "C’est une situation qui se répète, pour laquelle on n’a pas de solution. Ce qui est vraiment lamentable, c’est qu’il y a vraiment un abandon de ces familles, si ce n’est la fondation Les petits samouraïs qui est là, présente. Il n’y a vraiment plus grand monde derrière elles. C’est vraiment inquiétant", signale-t-il.

Officiellement, les familles Roms peuvent encore rester deux mois dans ces locaux. Mais chaque jour qui passe pour ces enfants est un peu plus marquant.

Barbara Boulet – Delphine Wilputte

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