A Bruxelles, de nombreux exclus du chômage ne font pas fait appel au CPAS

Les CPAS bruxellois s'inquiètent du fait que de nombreux exclus du chômage ne s'adressent pas à eux
Les CPAS bruxellois s'inquiètent du fait que de nombreux exclus du chômage ne s'adressent pas à eux - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Depuis le premier janvier de nombreuses personnes ont perdu leurs allocations d'insertion professionnelle. Il s'agit des allocations de chômage sur la base des études sans avoir travaillé auparavant. Le gouvernement fédéral précédent avait décidé de les limiter à 3 ans. Alors les CPAS ont-ils dû faire face à un afflux massif d'anciens chômeurs ? A Bruxelles, pas vraiment. Mais cette situation n’est pas de nature à rassurer les responsables des centres publics d'aide sociale. Au contraire.

Le premier janvier de cette année, 3300 bruxellois n'ont plus eu droit à leur allocation d'insertion professionnelle. Mais à peine un peu moins de 1000 ont introduit une demande d'aide dans l'un des CPAS de la capitale. Soit moins d'un chômeur sanctionné sur 3. Pour Michel Colson, président de la section CPAS de l'Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale, le constat est inquiétant. " Il y a probablement des gens qui ne sont pas adressés à nous parce qu’ils savaient qu’ils n’avaient pas droits à une aide. Mais je crains fort que ce pourcentage-là soit minime. Il y a surtout une grande partie de la population qui est en déstructuration sociale. "

Voilà pourquoi les responsables des CPAS plaident pour que l'on suive de manière préventive la trajectoire de ces personnes. " Nous demandons instamment que ces gens puissent faire l’objet d’un suivi soit par l’ONEM soit par ACTIRIS " explique Jean Spinette, Président de la Conférence des Présidents et Secrétaires CPAS de la Région de Bruxelles-Capitale. " Il faut que l’on puisse identifier les problématiques et comprendre pourquoi ces gens ne se sont pas adressés à nous. La thèse est que, sans doute, un appauvrissement généralisé est en cours et qu’on est en train de vivre un phénomène de " Sherwoodisation ". " Avec des personnes qui se marginalisent et coupent tout lien avec la société et donc aussi avec l'assistance publique pour entrer dans des logiques de débrouille.

Pierre Vandenbulcke

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK