A 150 ans, la malterie de Beloeil rebondit grâce à l'export

Les malts "made in Beloeil" séduisent des brasseurs du monde entier
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Les malts "made in Beloeil" séduisent des brasseurs du monde entier - © S. Vandreck

En casque et tablier blanc, ils visitent les installations avec une grande attention. Le groupe est composé de brasseurs venus de Corée, d’Inde, du Laos, du Liban, de Bulgarie ou de Slovénie. Tous produisent de la bière de manière artisanale, comme de plus en plus de brasseurs dans le monde. "C'est incroyable! Nous avons ouvert en 2009. Au bout d'un an, il y avait 2 brasseries artisanales en Slovénie. Aujourd'hui, je crois qu'il y en a une soixantaine. Alors que le pays ne compte que 2 millions de personnes", témoigne Jasa Zidar, brasseur slovène.

En compagnie de Julien Slabbinck, responsable recherche et développement chez Castle Malting, le petit groupe découvre la manière dont est produit un des principaux ingrédients de leurs breuvage: le malt. "Ici, on transforme l’orge en malt. On le trempe dans de l’eau, on le fait ensuite germer. Ensuite, nous allons le sécher et en fonction des méthodes et des températures de séchage, on va obtenir des couleurs et des arômes différents qui permettront d’obtenir toute une palette de bières différentes", précise Julien Slabbinck. L’usine produit aujourd’hui 70 variétés de malts différentes, dont certains sont même torréfiés ou caramélisés pour obtenir des goûts spécifiques. De quoi satisfaire plus de 2000 clients répartis aujourd’hui dans 146 pays.

96% de la production vers l’étranger

Mais comment cette malterie, moribonde au début des années 2000, a-t-elle su ainsi conquérir ces nouveaux marchés ? Jean-Louis Dourcy, le patron de Castle Malting, ne s’en cache pas: il a lui fallu faire preuve de stratégie commerciale, dans un secteur où les grands groupes dominent. Il reconnaît avoir pris un énorme risque lorsqu’il a racheté l’entreprise il y a quinze ans. Mais il a observé le développement de toutes ces petites brasseries artisanales, chez nous comme partout dans le monde. Des malts produits de manière traditionnelle et disponibles en petites quantités sont petit à petit, grâce aussi à un marketing bien affûté, parvenus à les séduire. Aujourd’hui, la malterie exporte 96% de sa production et, si elle n’est pas la plus grosse des cinq malteries belges, elle est celle qui exporte dans le plus de pays. "Le Brésil, les Etats-Unis, la Russie sont dans le top 3, poursuit Julien Slabbinck. Ces pays recherchent des malts de qualité et une grande diversité. Tout le monde veut aussi un peu copier les brasseurs belges et aller chercher la même qualité de malt que celle qu’ils utilisent".

Castle Malting emploie aujourd’hui 84 personnes, dont une vingtaine de commerciaux. Elle ne compte pas arrêter sa progression et prospecte de nouveaux marchés, comme la Chine, qui cède elle aussi à la mode des bières artisanales. La malterie possède deux sites de production, à Beloeil et à Hombourg, dans la province de Liège. Le conditionnement du malt se fait à Ghlin. Quelles sont ses possibilités de développement? "A Beloeil, la malterie est située dans un village. Nous avons donc des contraintes à respecter en matière de respect des normes environnementale et de bien-être des riverains. Nous sommes encore capables d’augmenter notre production actuelle de 10%, mais nous ne pourrons pas aller au-delà".

Reportage du Journal télévisé de 13h sur la malterie de Beloeil:

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