9000 manifestants contre le TTIP et le CETA dans les rues de Bruxelles

Le monde associatif, les syndicats, les mutuelles se sont mobilisés ce mardi contre deux traités de libre-échange. Le premier, le TTIP, est en négociation entre l’Union Européenne et les Etats-Unis. Le second, le CETA, a déjà été conclu avec le Canada mais il doit encore être ratifié avant d’entrer en vigueur. Tous deux suscitent des craintes.

Selon la police, 9000 manifestants étaient présents sur place alors que les organisateurs attendaient entre 10 000 et 15 000 manifestants.

Le TTIP et le CETA visent à réduire les taxes douanières, à faire tomber les barrières réglementaires, simplifier les modalités administratives… Bref, à libéraliser un maximum le commerce transatlantique. C’est tout bon pour l’économie européenne, disent les défenseurs de ces deux traités.

Mais leurs détracteurs les voient comme des menaces. Ils mettraient en danger partout en Europe les normes sociales, environnementales, sanitaires entre autres. Ils donneraient trop de pouvoir aux investisseurs via les controversés tribunaux d’arbitrage, ces tribunaux consacrés aux différends entre investisseurs et Etats-membres. Il y a quelques mois, ces tribunaux ont été réformés dans le cadre du CETA. Mais les critiques persistent.

Plusieurs partis politiques représentés 

Plusieurs partis politiques, élus et militants, ont sorti leurs drapeaux rue de la Loi à Bruxelles, alors qu'ils prenaient part mardi à la manifestation contre les traités de libre-échange transatlantiques TTIP (avec les Etats-Unis) et CETA (avec le Canada).

"Au début de la contestation, nous étions seuls. Aujourd'hui, certains sentent le souffle chaud du PTB dans leur cou et sont présents", a ironisé Raoul Hedebouw, député fédéral pour la formation de gauche radicale. "On le voit: les lignes bougent. Les dirigeants européens sont mis sous pression."

Les partis socialistes, francophone et flamand, étaient également représentés. "Nous ne voulons pas que certains gagnent à un haut niveau et que tous les autres perdent plus bas", a lancé le député sp.a Dirk van der Maelen. Au PS, les élus relèvent cinq problèmes fondamentaux au sein de ces deux traités en cours de négociation dont le fait qu'ils constituent un danger pour les PME et l'agriculture.

Les Verts présents en masse

"Il existe toujours une majorité pour soutenir le CETA", a fait valoir le député européen Ecolo Philippe Lamberts. "Ces traités sont des machines de guerre au profit du big business." L'élu a également taclé la commissaire européenne Cecilia Malmström. "Elle dit que si l'on est contre ces traités, c'est que l'on est trop cons. Non, c'est justement parce que l'on a bien lu le texte que nous sommes contre." La présidente de Groen, Meyrem Almaci, a dit pour sa part souhaiter "du respect pour la base."

Le cdH était également présent. "Il n'y a pas de travail politique sans mobilisation citoyenne derrière", a lancé le député européen Claude Rolin qui a salué la position du gouvernement wallon, auquel son parti participe, "qui permet d'empêcher au CETA d'avancer".

Dans le public, assez disparate, des jeunes s'époumonent en criant haut et fort "TTIP, CETA, on n'en veut pas", d'autres arborent des pancartes affichant leurs revendications: "Le pouvoir au peuple, pas aux multinationales", "TTIP/CETA nuit gravement à la santé" ou encore "Le peuple et la planète en priorité". "Nous ne sommes pas les dindons de la farce, mais les dindons de la force", scande un autre groupe de jeunes déguisés en volatiles.

Après la manifestation, d'autres activités étant prévues au rond-point Schuman, certains axes routiers resteront encore fermés jusqu'à 23 heures.

"Nuit Debout" occupe le rond-point Schuman jusqu'à mercredi matin

Des militants de l'aile belge du mouvement "Nuit debout", rejoints par des militants français, comptent passer la nuit de mardi à mercredi sur le rond-point Schuman, à la suite de la manifestation contre les traités transatlantiques CETA et TTIP qui s'est tenue en fin d'après-midi rue de la Loi à Bruxelles, a annoncé Kim Le Quang, l'un des organisateurs. 

Le TTIP a-t-il du plomb dans l'aile? 

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