75.000 tags, graffitis et autocollants à la STIB: une hausse de 34% en un an

La STIB va renforcer les rondes dans ses stations pour repérer plus rapidement les tags.
La STIB va renforcer les rondes dans ses stations pour repérer plus rapidement les tags. - © Jonas Hamers - ImageGlobe

C'est un véritable fléau! La STIB recense de plus en plus de tags et de graffitis sur son réseau. Selon les dernières statistiques pour l'année 2017, communiquées par le ministre régional de la Mobilité Pascal Smet (SP.A) dans une réponse parlementaire écrite, 75.000 tags, graffitis, affichages sauvages et autocollants ont été recensés sur l'ensemble du réseau de la STIB. Par réseau, le ministre entend les stations souterraines, les bâtiments, les véhicules ou encore les abribus.

Il s'agit d'une hausse de 34% en un an (56.000 en 2016). A titre d'exemples, la société des transports en commun bruxellois a recensé 2735 tags en 2017 à la station Porte de Hal (Saint-Gilles) contre 2107 en 2016.

Un phénomène en recrudescence 

"Ces chiffres recensent les tags, les graffitis, l'affichage sauvage et les autocollants. Mais plus de 90% des faits concernent d'abord les tags et les graffitis", précise Françoise Ledune, la porte-parole de la STIB. "Pourquoi ce phénomène est en nette recrudescence? Tout d'abord, on constate une hausse partout dans la ville, pas uniquement sur le réseau de la STIB. Ce phénomène est particulièrement visible. Pendant plusieurs années, nous avons constaté une baisse du nombre de tags. Mais depuis deux-trois ans, nous constatons un retour."

Engouement pour le street art? Mode d'expression des jeunes? "Evidemment, on ne peut pas comparer le street art et ce qui ressemble plus à du vandalisme", insiste Françoise Ledune. 

La STIB rappelle qu'elle collabore avec la police de la zone Bruxelles-Ixelles qui dispose d'une cellule anti-graffitis. "But: observer, recenser les tags et déterminer quelles sont les mouvances, où se concentre le phénomène. Ensuite, la STIB fait appel à des rondiers, qui effectuent des rondes. Leur mission est de détecter les tags afin d'assurer une intervention rapide."

L'enlèvement a coûté 456.000 euros en un an

La société des transports en commun bruxellois a prévu, avec l'aide d'une société spécialisée, un enlèvement des tags dans les 48 heures maximum après leur détection. Quand il s'agit d'inscription à caractère xénophobe ou insultant, le délai est de trois heures maximum. En 2017, la STIB a dépensé 456.000 euros pour l'enlèvement des tags contre 366.000 euros en 2016.

Afin de lutter encore plus efficacement contre le phénomène, la STIB va renforcer les rondes sur le terrain, en collaboration avec la police. Elle va également entamer un dialogue avec le secteur des arts urbains dans le but de créer des espaces, au sein de la STIB, dédiés au graf. "Il s'agirait de murs autorisés, sur lesquels les adeptes de ce phénomène pourraient s'exprimer en sachant bien que le goût du défi et de l'interdit font partie de ce phénomène de mode."

Enfin, Bruxelles Mobilité, propriétaire des stations et la STIB échangent au sujet de l'amélioration du matériel utilisé dans le cadre de la rénovation des stations, des arrêts... "On constate que le matériel ne résiste pas aux graffitis. Après effacement, il subsiste des traces. Le matériel est difficile à récupérer. Un problème qui se renforce depuis l'utilisation des peintures à l'acide, particulièrement agressives. A la station Sainte-Catherine, vous avez un matériau qui fait qu'on peut enlever facilement les tags alors qu'à d'autres endroits, l'utilisation de pierres naturelles poreuses rend cet enlèvement plus difficile."

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