72 heures dehors pour créer une fondation en faveur des plus démunis

Il a planté sa tente ce matin, sur le parking du magasin de bricolage de Loverval, le long de la nationale 5. Il restera là pendant 72 heures. Jimmy Cleve récolte des dons pour venir en aide aux sans-abri et de manière plus large à tous ceux qui sont dans le besoin. Pas de manière ponctuelle, non. Jimmy Cleve veut créer sa propre fondation. Il s’est adressé à un notaire pour la constitution de cette fondation et prévoit d’acheter une église désacralisée de la région pour y créer un restaurant social. Il est décidé et compte bien aller au bout de son projet. L’initiative peut paraître folle et peu crédible. Alors nous sommes allés à la rencontre de Jimmy.

Rendre ce qu’il a reçu

A l’âge de 14 ans, Jimmy s’est retrouvé à la rue, sans perspective. Il a alors eu la chance d’être pris sous son aile par un homme à la santé financière certaine. Cet homme, son mentor, lui a appris à se battre pour obtenir ce qu’il souhaitait. Aujourd’hui, Jimmy n’a plus besoin de rien. Il a été videur de boîte de nuit, garde du corps, détective privé, tenancier de bar, hôtelier, brocanteur… Il a investi dans le bâtiment. Il est multipropriétaire. Il est arrivé sur le parking du magasin de bricolage de Loverval à bord de son Hummer. "Je n’ai plus besoin de rien. J’ai ma famille, mes enfants, mes amis… Pourquoi je suis là ? Parce que je veux alerter les gens. Alerter le gouvernement. Aujourd’hui, on ne peut plus admettre que des personnes soient à la rue, sans logement. Ça n’a aucun sens non plus de soutenir éternellement des gens au CPAS et de les maintenir dans cet état de dépendance. La vie, c’est travailler et aimer travailler pour pouvoir aider à son tour".

"Etre autonome dans ma manière d’aider"

Les fonds récoltés doivent aider Jimmy à créer sa fondation. Mais pourquoi ne pas être mécène en finançant une structure existante ? "J’ai envie de faire les choses à ma manière. Aider tous ceux qui estiment en avoir besoin, sans critères administratifs… Toi tu peux, toi tu ne peux pas… Toi tu y as droit, toi non… J’ai envie d’accueillir tout le monde sans distinction. Et surtout d’essayer de les aider à sortir de la misère". Sa fondation, Jimmy lui donnera son nom : Fondation Jimmy Cleve. "Ceux qui ne me connaissent pas crient à l’arnaque, disent que c’est louche. En donnant mon nom, je joue la transparence. Je ne me cache pas derrière un prête-nom. Et puis, je compte sur le fait qu’elle dure au-delà de mon dernier souffle. Je veux montrer à mes enfants que lorsqu’on en a les moyens, il faut aider. Ils savent que je compte sur eux pour poursuivre mon action".

Un coup de bluff ?

A Jimmy, nous avons demandé si on pouvait le qualifier d’original : "Original ? Non, je suis une personnalité forte, oui, mais c’est moi, je suis comme ça. Quand j’ai une idée, je ne la lâche pas. Ce n’est rien d’autre que moi. Ce n’est pas un coup de pub. Je n’ai pas besoin de publicité. Je ne vends rien. Je veux juste sensibiliser les gens à la situation des plus démunis. Ce n’est pas avec les dons que je vais pouvoir faire ce que je veux faire. Evidemment, ça aide. Mais je vais y aller de ma poche, principalement".

Jimmy nous a promis de nous tenir au courant de l’avancée de son projet qu’il espère concrétiser rapidement. Il s’est porté acquéreur d’une ancienne église qui sera le centre de sa fondation.

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