709e Meyboom: le nouveau bourgmestre Philippe Close ne portera pas l'arbre de joie, il le protégera

Philippe Close en gardevil, ce 9 août pour le Meyboom.
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Philippe Close en gardevil, ce 9 août pour le Meyboom. - © GOSSET

J-2 avant la plantation du Meyboom à Bruxelles, 709e édition. Ce 9 août, les buumdroegers, les porteurs de l'arbre de joie, devront s'activer pour dresser le feuillu à l'angle entre la rue du Marais et la rue des Sables, avant 17 heures très précises. Au-delà de cette limite, le privilège de cette plantation reviendra aux Louvanistes, ennemis jurés des Bruxellois.

L'origine du Meyboom, grand moment du folklore de la capitale remonte à un très lointain conflit entre les deux villes autour des taxes sur la bière, remporté par les Brusseleirs. Et depuis 1308, nos ketjes ont le droit de planter un arbre pour commémorer cette bataille. Plusieurs siècles d'une tradition désormais classée au patrimoine mondial immatériel de l'Unesco.

Jeudi dernier, le Meyboom a été choisi parmi les nombreuses espèces du Bois de la Cambre. Grand, beau, fort: l'arbre fera honneur aux buumdroegers, des castards aux gros bras qui devront se passer, en 2017, de ceux du nouveau bourgmestre de la Ville de Bruxelles. Si ses prédécesseurs (Freddy Thielemans, Yvan Mayeur) ont donné de leurs biceps pour soulever le tronc, Philippe Close (PS) fera l'impasse. Mais il ne sera pas très loin. Il a annoncé vouloir conserver sa place parmi les suiveurs du Meyboom, dans le groupe des gardevils. "Je reste gardevil", explique le bourgmestre. "Je suis l'un des fondateurs de ce groupe et je resterai fidèle à celui-ci."

Dans la peau d'un gardevil

C'est en 2001 que les gardevils voient le jour et se joignent aux buumdroegers, Compagnons de Saint-Laurent (organisateurs du Meyboom), musiciens de la fanfare, Madame Chapeau et autres poepedroegers (porteurs de géants). L'ordre de mission des gardevils, des sergents de police portant des habits d'époque: protéger le Meyboom contre toute tentative de sabotage ou de vol. Comme en 2000, lorsque des habitants du Comité de quartier Stévin, qui protestaient contre la spéculation immobilière, souhaitaient "faire un coup" un jour de grande affluence médiatique.

La troupe des gardevils se constituent alors autour de plusieurs personnes: Philippe Close, alors chef de cabinet du bourgmestre Thielemans, Philippe Liétard (collaborateur de Thielemans et passionné de folklore, aujourd'hui décédé) ou encore Christian Lamouline, ex-chef de cabinet cdH et actuel patron de l'administration régionale bruxelloise. En 2001, le chant des gardevils est également choisi: "Lup, lup, lup, de gardevil es doe (cours, cours, cours, la police arrive)". Aujourd'hui, les gardevils sont des acteurs incontournables de l'événement.

Un bourgmestre qui ne porte pas l'arbre, ce sera assurément une première depuis de nombreuses années. Une première assumée. Philippe Close l'a annoncé lors de sa prise de fonction: il fera les choses... autrement.

Les festivités patrimoniales du Meyboom ont lieu ce mercredi, avec un Philippe Close visiblement apprécié:

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