700 étudiants de l'ULB se mobilisent pour les sans abris

Pablo, étudiant baptisé récolte de l'argent pour l'ASBL l'Ilot
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Pablo, étudiant baptisé récolte de l'argent pour l'ASBL l'Ilot - © Tous droits réservés

Ce lundi, une vingtaine de cercles étudiants de l’ULB étaient présents au centre-ville pour une "quête sociale". Une collecte de dons au profit de l’ASBL l’îlot qui aide les sans-abris à Bruxelles. Au total, ils étaient près de 700 étudiants à aller récolter auprès des passants du centre. Une activité qui permet aux cercles étudiants de mettre en avant la dimension sociale de leur structure.

Il est 11h et les étudiants du cercle Solvay se regroupent devant la gare centrale. Après une première récolte ce matin sous la pluie, ils vont bientôt repartir. Adriano Di Gioia, le délégué social du cercle, explique tout haut : "On se dispatche en petit groupes. Il y en a qui vont aller plutôt du côté de la Grand-Place, d’autres vont aller dans les galeries". Un premier groupe se détache et descend place Agora, en direction de la Grand-Place.

Une quête sociale auprès de touristes

Dans les ruelles qui mènent à la Grand-Place, les jeunes commencent à aborder les passants. Vu le nombre de touristes, il faut parfois jongler entre l’anglais, le français voire l’espagnol pour se faire comprendre. Pablo Domenech, un étudiant baptisé plutôt polyglotte arrête un touriste anglophone : "Nous sommes étudiants ici à Bruxelles, nous sommes à l’Université. Nous collectons de l’argent pour la bonne cause" explique Pablo dans un anglais assez fluide. Après une légère hésitation, le touriste fini par lui tendre un billet de 5 euros. "Oh ! Thank you very much" répond Pablo, un peu surpris. “C’est le premier billet, pour l’instant j’avais reçu des petites pièces. Ce matin c’était difficile, les gens ne s’arrêtaient pas mais là maintenant ça marche un peu plus".

Une ASBL avec un impact direct sur le terrain

Pour Pablo, cet engagement sur la question de la pauvreté et plus particulièrement celle des sans-abris, c’est une première : "Je pense que c’est une bonne cause. L’hiver est difficile ici en Belgique et donc c’est bien de pouvoir récolter de l’argent pour qu’ils soient au chaud pendant cette période". Un peu plus loin, Vivien et Guillaume sont convaincu par le travail de l’ASBL "l’îlot" : "C’est quand même quelque chose d’important (ndlr : le sans-abrisme) surtout quand on vit à Bruxelles parce qu’on en voit un peu partout. On ne sait pas toujours donner à tous les sans-abris qu’on croise (…) donc pouvoir aider une association qui aide tout le monde d’un coup, c’est une bonne option".

L’hiver est difficile ici en Belgique et donc c’est bien de pouvoir récolter de l’argent pour qu’ils soient au chaud pendant cette période

L’ASBL "l’îlot" avait été choisie par tous les délégués sociaux des cercles de l’ULB au début de l’année. Les différents cercles avaient été convaincus par l’impact direct de cette association.

Les cercles étudiants : du folklore et du social  

De retour à la Gare Centrale, le délégué social du cercle Solvay insiste sur l’importance du social dans l’apprentissage du libre examen (ndlr : l’un des principaux enseignement que prône l’université bruxelloise, le fait de remettre en question les arguments d’autorité) à l’ULB : "Les cercles ont non seulement un but folklorique, mais dans le libre-examen, il y a aussi cet aspect social. Et du coup c’est ancré dans les habitudes mais peut-être que récemment il y a encore plus d’envie d’exprimer cela". L’actualité récente et les deux personnes mortes dans la rue en octobre ont malheureusement ramené cette question de l’hébergement des personnes précaires au premier plan. Peut-être aussi la raison de l’engagement de ces nombreux cercles d’étudiants aujourd’hui.

L’îlot, une ASBL d’action et de sensibilisation

A l’îlot, on n’a évidemment pas attendu que des personnes meurent pour se mobiliser, et on tente de sensibiliser le public à ce problème de société. Pour Chloé Thôme, responsable presse de l’ASBL, "(…) c’est super intéressant d’avoir de l’argent mais le but c’est vraiment d’avoir une force de 700 étudiants qui vont sensibiliser les gens dans la rue. Et si on peut avoir même un petit pourcentage de ces personnes qui deviennent donateurs réguliers, nous c’est ça qui nous intéresse". Mais l’ASBL ne fait pas que de la sensibilisation. L’îlot fourni d’abord et surtout de l’aide aux personnes sans abri : des services de première nécessité, des services d’accueil et d’hébergement temporaire mais aussi des solutions de logement et des accompagnements pour les personnes récemment logées.