3500 travailleurs de la construction dans les rues de Bruxelles

4000 travailleurs de la construction attendus dans les rues de Bruxelles
4000 travailleurs de la construction attendus dans les rues de Bruxelles - © Belga

La Fédération européenne du bâtiment et du bois (European Federation of Building And Woodworkers) a organisé, mercredi, une manifestation à Bruxelles pour dénoncer "l'exploitation économique" et le dumping social dont sont victimes les travailleurs en Europe. Les syndicats, regroupés dans cette fédération, attendent des actions réelles de l'Union européenne. Ils étaient environ 3500, selon la police, à défiler à Bruxelles pour s'opposer à la concurrence déloyale dans les secteurs de la construction, du transport et de l'alimentation.

Le dumping fait souffrir beaucoup de PME, incapables de faire face à des sociétés qui proposent une main d'oeuvre qualifiée à des salaires 50% moins chers que les salaires belges.

Mais cette main d'oeuvre meilleur marché, des entreprises belges en profitent également. Des entreprises qui, sans cela, ne pourraient résister à la crise selon elles.

Polonais, Roumains, Tchèques ou Hongrois, les travailleurs des pays de l'Est intégrés à l'Union européenne, sont de plus en plus nombreux sur les chantiers de construction en Belgique. Impossible d'évaluer leur nombre mais leur impact sur le secteur de la construction est, lui, très visible. Philippe a dû fermer sa société de plafonnage qui employait dix personnes. Comme beaucoup d'autres petites entreprises du bâtiment, il ne pouvait plus faire face à des prix imbattables.
 
"Oui, il n'y a que ça qui compte (le prix), qui que ce soit qui fasse le boulot, tout le monde s'en fout, quoi!", s'emporte-t-il au micro de la Première. Pourtant, "d'une manière générale, ces gens qui travaillent ici, c'est légal, ce sont des travailleurs déplacés qui viennent, des boîtes qui ont des sièges à Varsovie ou je ne sais pas où, en Roumanie, des trucs comme ça, qui ramènent de la main d'oeuvre, tout à fait légalement", concède-t-il. 
 
Alain, lui, a tout autre avis. Sans ces travailleurs bon marché, son entreprise de montage à Ostende n'aurait pas résisté à la crise, estime-t-il.
 
"Je les paie moins cher effectivement mais pas beaucoup moins cher, enfin, du fait que le montage est quand même un métier qui n'est pas reconnu, je veux dire, il y a peut-être 10% de différence par rapport aux Belges", affirme-t-il. "Ce sont des gens qui ont envie de travailler et qui sont intégrés en Europe, des gens motivés", précise ce petit entrepreneur.
 
Deux conceptions qui se rejoignent pourtant sur un point : ils sont tous deux en faveur d'une véritable harmonisation de la législation sociale en Europe pour éviter une guerre des prix, qui finira, ils le pensent, par mettre à genoux tout le secteur de la construction. 
 
Thierry Vangulick avec Ju. Vl.
 
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK