3e édition de la bike expérience: 400 nouveaux cyclistes dans les rues de Bruxelles

47 fonctionnaires européens ont donc enfourché pour la première fois, hier mercredi, leur vélo pour aller travailler.
47 fonctionnaires européens ont donc enfourché pour la première fois, hier mercredi, leur vélo pour aller travailler. - © Belga

Bruxelles compte depuis ce jeudi matin 400 nouveaux cyclistes. Ce sont 400 piétons ou automobilistes qui ont décidé de se mettre en selle, à l'occasion de la "bike expérience", une initiative des associations cyclistes et de la région. Cette semaine, elles proposent à ceux qui hésitent à aller travailler à vélo d'être accompagnés par un coach les trois premiers jours, c'est à dire un cycliste chevronné qui roule à côté du débutant et le conseille.

Le casque, la chasuble fluo, et un vélo en état de marche. C'est bon, Astrid peut démarrer, avec à ses côtés son ange gardien, sa coach Sabrine. Autour d’elles, le tram, les pavés glissants, et les files de voitures.

"Est-ce qu’on aura assez d’espace dans la circulation ? Est-ce qu’on ne va pas se faire klaxonner tout le temps ? Voilà quelques-unes des questions que je me posais mais pour le moment, tout se passe bien. J’avais un peu peur mais je constate qu’à certains endroits, les voitures sont toutes à l’arrêt, et donc je me faufile super facilement" témoigne Astrid.

Au fil du trajet, Sabrine, cycliste expérimentée, lui explique comment éviter les chutes sur les rails, doubler telle voiture sans danger ou éviter une portière qui s'ouvre tout à coup. "Il suffit d’être attentif et de ne pas s’imposer à tout prix. C’est exactement la même chose qu’en voiture. Comme coach, j’observe souvent que les cyclistes débutants ont peur de ne pas y arriver. Et puis, il y a aussi le fait que Bruxelles monte assez fort et donc physiquement, les gens ne se sentent pas toujours capables, mais en allant doucement, et après deux jours de pratique, je remarque qu’une certaine confiance s’installe. Les gens sont contents."

Cet accompagnement durera trois jours. Ensuite Astrid roulera seule une semaine et demie, le temps pour elle de décider si le vélo restera ou pas, son moyen de locomotion pour aller au travail. À Bruxelles, en ce moment, 400 duos testent ainsi côte à côte la petite reine dans le trafic de l'heure de pointe.

Trois fois plus de volontaires que l'an passé

Et 400 volontaires, c'est trois fois plus que l'an dernier. Il faut dire que cette année les organisateurs ont fait de la publicité au sein des entreprises. De nombreux candidats ont ainsi été informés de l'opération par leur employeur. C'est la commission européenne qui a convaincu le plus de candidats cyclistes: 47 fonctionnaires européens ont donc enfourché pour la première fois, hier mercredi, leur vélo pour aller travailler.

Cette opération de mise en selle existe depuis 3 ans, et se fait de moins en moins timide. C'est ce qu'explique Bruno De Lille, secrétaire d'état bruxellois à la Mobilité : " on a eu une première année avec 30 participants seulement. L’année passée, il y en avait 137. Cette année, on en compte 400. On  constate donc qu’il y a une demande du public. Et ce qui est intéressant dans l’initiative, c’est que 89% des participants continuent à utiliser leur vélo, au moins une fois par semaine, pour aller de leur maison à leur travail. 30% des participants deviennent même des cyclistes quotidiens. Vu qu’il n’y a pas beaucoup de cyclistes à Bruxelles, 400 cyclistes en plus, c’est une énorme différence. On voit dans la ville se balader partout des couples de coach et de biker. N’oubliez pas que cette opération n’a pas seulement un impact sur les bikers eux-mêmes, mais aussi sur leurs amis et leur famille qui se disent, en voyant un proche participer, que c’est possible de rouler en vélo à Bruxelles."

Damien Lesca est coach lors de la bike experience. Il est aussi livreur à vélo, et roule toute la journée en ville. Le conseil qu'il donne aux cyclistes hésitant: prendre sa place sur la chaussée. A ses yeux, les situations stressantes sont souvent liées au manque de place. "Souvent, l’espace prévu pour le cycliste n’est pas assez marqué, ou la rue est trop étroite, parce qu’il y a déjà deux lignes de stationnement pour la voiture, plus une ligne de circulation toujours pour la voiture, et enfin une ligne où la voiture peut se mettre en double file. En fait, tout l’espace est occupé par la voiture et c’est assez énervant. En vélo, il faut donc se frayer son chemin. ce qui a pour conséquence que tant l'automobiliste que le cycliste ne se sentent pas respectés par l’autre parce que bêtement, il n’y a pas de place qui leur est réservée. Je pense pourtant que ce n’est pas trop compliqué à mette en place parce qu’on le voit, dès qu’il y a une piste bien marquée au sol, la place de chacun est alors déterminée et tout se passe très bien."

Myriam Baele

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