38 enfants du Centre pour demandeurs d'asile de Jambes sur le chemin de l'école ce lundi

38 enfants du Centre pour demandeurs d'asile de Jambes sur le chemin de l'école ce lundi
38 enfants du Centre pour demandeurs d'asile de Jambes sur le chemin de l'école ce lundi - © Tous droits réservés

"Quand on explique aux parents qu’en Belgique l’école est obligatoire dès l’âge de 6 ans, et bientôt même 5 ans, ils sont très surpris. Mais très vite, c’est l’enthousiasme qui prend le dessus." Fabienne Scaillet, coordinatrice pédagogique à la ville de Namur, a organisé avec la Croix rouge la rentrée scolaire d’une quarantaine d’enfants accueillis au centre pour demandeurs d’asile de Jambes.

"Nous avons trouvé des places dans les quatre écoles de Jambes, les deux qui dépendent de la ville mais aussi l’école libre Saint-Joseph et l’Athénée royal qui relève de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce qui permet de disperser les enfants dans un grand nombre de classes différentes". Plutôt que de les regrouper dans une seule classe, quel que soit leur âge, en recourant au dispositif Daspa (dispositif d’accueil spécifique pour primo-arrivants). "La formule de la dispersion comporte un avantage", estime Fabienne Deraemaeker, la directrice du centre de Jambes. Elle offre une vraie immersion linguistique aux enfants, qui accélère leur intégration."

"Des enseignants enthousiastes"

Evidemment, cela demande un gros effort aux écoles concernées et particulièrement aux instituteurs qui doivent prendre en charge dans leur classe un enfant qui ne parle pas un mot de français, parfois même qui n’a jamais été à l’école. "Ils ne sont pas livrés à eux-mêmes, explique Patricia Grandchamps, échevine de l’Education à la ville de Namur. Le centre pour demandeurs d’asile offre un accompagnement et de précieux conseils. Cela dit, dans les réunions que nous avons organisées cet été, j’ai senti un grand enthousiasme chez ces enseignants, qui mettent un point d’honneur à aider ces enfants qui ont déjà un parcours de vie assez dramatique pour la plupart."

Une lueur d’espoir

Les parents de ces enfants attendent la rentrée avec beaucoup d’impatience. "Je viens du Soudan, raconte Tahar. Dans mon pays, malheureusement, la plupart des enfants n’ont pas la chance d’aller à l’école. Les miens sont âgés de 8, 6 et 5 ans, et je peux vous dire qu’ils sont très impatients d’aller à l’école lundi. Ce sera la première fois de leur vie…" 

Les réfugiés viennent d’Afrique subsaharienne, de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan… Ils espèrent un avenir meilleur pour leurs enfants. La rentrée scolaire de ce lundi, pour eux, c’est évidemment une lueur d’espoir. Même s’ils savent que l'expérience peut s’interrompre du jour au lendemain dans le cas où leur demande d’asile serait refusée par la Belgique.