30 ans du musée de la photo, témoin d'une évolution

L'ancien monastère des Carmélites à Mont-sur-Marchienne abrite depuis 30 ans déjà le musée de la photographie. Des centaines de photographes y ont trouvé un somptueux écrin pour leurs clichés. Tout commence en 1987 à une époque où la photographie n'était pas encore vraiment considérée comme une oeuvre d'art.

"C'était une photographie qui se battait pour exister", nous confie Christelle Rousseau, directrice adjointe du musée, "Il y avait déjà de grands photographes, bien sûr, mais ils étaient moins présentés dans les musées. Même si on n'est pas le premier musée de la photographie, on est un des premiers à lui donner autant de place et autant d'honneur".

 

Du noir et blanc au gigantisme coloré

Via ses collections permanentes, le musée rappelle les débuts de la photographie en noir et blanc bien entendu. Mais dans les années 90, la couleur, jusque-là réservée aux photos de famille, se fait aussi professionnelle et artistique. Puis avec le temps, les photographes se lancent dans les formats hors normes. 

"De nos jours, je ne vais pas dire que les photographes ont la folie des grandeurs", plaisante Christelle Rousseau, "mais ils aiment s'exprimer dans des formats qui n'existaient pas auparavant. Ce qui veut dire que notre musée a aussi dû évoluer et c'est une des raisons de la création de la nouvelle aile : elle nous permet d'avoir des murs plus grands, plus de respiration entre les oeuvres pour présenter ces photographies contemporaines de grande dimension".

 

Dans les coulisses : l'archivage

La nouvelle aile inaugurée en 2008 porte la surface du musée à 6 000 m², en faisant l'un des plus grands d'Europe dans son domaine. Une de ses missions principales est la protection du patrimoine photographique. Nous le découvrons dans les dédales du musée, à l'abri des regards du public.

Christelle Rousseau nous emmène dans l'une des trois salles d'archivage où les photographies dorment en attendant d'être montrées. Climatisation assurant une température constante autour des 17 degrés, hygrométrie scrupuleusement surveillée, tout est mis en oeuvre pour préserver les 80 000 clichés et les 3 millions de négatifs entreposés au musée. Des dizaines de rayonnages qui abritent quelques trésors.

Du daguerréotype au selfie

"Alors ça c'est un daguerréotype", nous explique la directrice adjointe en sortant un très beau cadre en bois précieux entourant une photographie curieusement brillante, "C'est la toute première forme de photographie inventée en 1839. C'est en fait une photographie sur une plaque de cuivre surfacée d'argent".

Une photo qui nécessitait un temps de pose très long à mille lieues des selfies instantanés réalisés aujourd'hui sur nos téléphones. Mais si la technique évolue, les photographes continuent d'interpeller. Il y a onze ans, un cliché du Japonais Araki reproduit sur une grande bâche et installé sur la façade du musée était vandalisé. Preuve que l'art ne laisse personne indifférent. La bâche vandalisée est toujours fièrement accrochée dans le parc du musée.

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