22 mars: une salle de sport Loubna Lafquiri, pour les victimes des attentats de Bruxelles

L'école de Loubna Lafquiri lui dédiera une salle de sport, ainsi qu'à toutes les victimes du 22 mars.
L'école de Loubna Lafquiri lui dédiera une salle de sport, ainsi qu'à toutes les victimes du 22 mars. - © D. R.

L'école islamique Al Ghazali à Etterbeek rendra hommage à son enseignante Loubna Lafquiri et à toutes les victimes des attentats de Bruxelles. L'établissement dans lequel a enseigné pendant une dizaine d'années cette mère de famille de 35 ans, décédée le 22 mars 2016 à la station de métro Maelbeek a décidé de baptiser son futur espace d'éducation physique "Salle de sport Loubna Lafquiri, en mémoire des victimes des attentats de Bruxelles".

La salle que Loubna Lafquiri rêvait d'avoir

Cette salle, Loubna Lafquiri elle-même en rêvait, pour ses élèves de maternelle et de primaire. "En fait", se souvient Gregory Ramis, directeur d'Al Ghazali, "avec Loubna Lafquiri, nous caressions le projet de créer une véritable salle de gymnastique pour notre école. Actuellement, les cours d'éducation physique et de psychomotricité ne sont pas donnés dans des locaux adaptés. Il nous est arrivé de louer des locaux en dehors de nos murs ou alors de donner cours au parc."

En mars 2014, le directeur et son institutrice décident de visiter un entrepôt, dans une rue perpendiculaire à celle de l'école. 250 mètres carrés rien que pour Loubna Lafquiri et ses écoliers. "Mais à l'époque, nous n'avons pas pu concrétiser le projet. Et le projet a dû être abandonné."

Celle que tous les enfants ont connue

A la rentrée 2015-2016, Loubna Lafquiri quitte Al Ghazali pour rejoindre l'entité islamique secondaire La Vertu, à Schaerbeek. Mais elle n'oubliera jamais Al Ghazali, ses anciens collègues, dont beaucoup sont devenus ses amis. Et puis arrive la tragédie, le 22 mars 2016, peu après 9 h, dans le métro bruxellois. "Nous avons eu confirmation de sa disparition plus de 48 heures après. Cela a été un choc, pour nous tous, pour tous les enfants", racontent avec émotion Grégory Ramis et Mohamed Allaf, secrétaire général de l'enseignement confessionnel islamique en Belgique. "Vous savez: le prof de gymnastique, c'est celui ou celle que tous les élèves ont, c'est celui ou celle qui suit les élèves pendant toute leur scolarité. Loubna Lafquiri était une enseignante très appréciée."

Un mois après les attentats, lors de la rentrée de Pâques, enseignants, parents, enfants se retrouvent, entourés notamment de psychologues. Le choc n'est toujours pas passé. Ce 11 avril marque d'ailleurs le 35e anniversaire de la victime. "Si l'ambiance était lourde ce jour-là, le projet de créer cette salle de sports est revenu. Nous voulions passer de la tristesse à l'action, à la positivité qui représentait assez bien le caractère de Loubna Lafquiri. Et il se trouve que vers 16 h 30, le même jour, le propriétaire de l'entrepôt que nous voulions louer il y a deux ans, vient nous dire que l'espace est aujourd'hui disponible. Il ignorait ce que l'école venait de vivre. Lorsque nous lui avons raconté, il était également sous le choc."

Une ouverture à la rentrée 2017

Reste ensuite à concrétiser le projet. L'entrepôt doit être rénové, mis aux normes, bénéficier d'une autorisation des pompiers, d'une isolation phonique, des permis d'urbanisme en bonnes et dues formes, des financements sont encore nécessaires... "Nous devrons aménager des vestiaires et des douches." Au fil des mois, les signaux des différentes administrations tombent et sont positifs. "Nous avons été reçus par le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf, le ministre des Sports Rachid Madrane. Les procédures sont lancées. Nous espérons obtenir les autorisations prochainement pour ensuite entamer le chantier." Et puis il faut l'autorisation de la famille et du mari de Loubna Lafquiri, Mohamed Bachiri. Celui-ci acceptera.

"L'ouverture de la salle est programmée, si tout va bien, pour la rentrée 2017-2018", précise encore Gregory Ramis.

Une enseigne à l'entrée de la salle

Al Ghazali souhaite également que cet espace devienne un lieu de rencontres, symbole du vivre-ensemble et du recueillement. La demande de permis comporte la pose d'une enseigne à l'entrée de la salle, reprenant le nom Loubna Lafquiri et la référence à toutes les victimes du 22 mars. "Il y a notre devoir de mémoire en tant qu'école, celle de Loubna Lafquiri. Mais il y a aussi notre devoir de mémoire en tant qu'établissement scolaire belge, pour se rappeler que la Belgique a été touchée de plein fouet par l'ignorance et que la meilleure arme contre cela, c'est l'éducation. La meilleure arme contre l'obscurantisme, c'est la lumière."

A noter qu'au travers de l'ASBL La Source, qui réunit parents et instituteurs de l'enseignement islamique en Fédération Wallonie-Bruxelles, un chant en hommage à Loubna Lafquiri a également été composé. Il sera gravé sur un CD dans les prochaines semaines et récité lors des événements scolaires à venir.

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