18 mois avec sursis pour avoir involontairement causé la mort d'une piétonne à Ciney : une peine trop légère pour les victimes

La conductrice a expliqué avoir été prise de panique après le choc mais qu'elle ignorait ce qu'elle avait percuté (illustration).
La conductrice a expliqué avoir été prise de panique après le choc mais qu'elle ignorait ce qu'elle avait percuté (illustration). - © Flickr - natesteiner

Le tribunal correctionnel de Dinant a condamné, mardi matin, une femme poursuivie pour avoir percuté deux piétons et causé la mort de l’un d’eux, le 2 septembre 2017 vers 00h30 à Ciney. La prévenue écope d’une peine de 18 mois de prison avec sursis total et d’un an de déchéance du permis de conduire, avec un sursis de six mois.

Les faits s’étaient produits à la fin des Apéros cinaciens. Un couple qui marchait sur la gauche de la route a été fauché par l’arrière par une voiture. Une jeune femme de 23 ans est décédée sur le coup tandis que son compagnon a été grièvement blessé. La conductrice ne s’était pas arrêtée mais a pu être interpellée chez elle quelques heures plus tard.

Coupable de délit de fuite et non-assistance à personne en danger

Le tribunal de Dinant a estimé dans son jugement que l’automobiliste avait conscience de ce qui se passait et qu’elle s’est donc rendue coupable d’un délit de fuite, de coups et blessures involontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et de non-assistance à personne en danger. "Les SMS envoyés à son compagnon et l’appel téléphonique qu’elle lui a passé après l’accident, l’état de son pare-brise, le choc et la présence de piétons sur la route sont autant d’éléments suffisants pour qu’elle ait pris conscience de ce qui se passait. Elle-même a d’ailleurs indiqué qu’il lui avait traversé l’esprit qu’elle aurait pu percuter un piéton", a motivé le tribunal.

Une peine trop légère pour les victimes

Pierre-Yves Gillet est l’avocat des parties civiles, le compagnon grièvement blessé, ses parents et les parents de la jeune fille décédée. "Ils ne sont pas animés d’un sentiment de vengeance. Ils souhaitaient une juste répression. Et la conductrice s’en sort vraiment bien. Mis à part quelques centaines d’euros d’amende et un retrait de permis de six mois elle n’aura pas d’autres sanctions".

Le sentiment de ne pas être reconnu comme victimes

"Mes clients attendaient sans doute qu’on les reconnaisse en qualité de victimes, explique leur avocat, et que dans les attendus du jugement qu’on puisse bien stigmatiser l’attitude inacceptable de la conductrice qui a quand même commis un délit de fuite, qui a laissé deux personnes dans le ravin en rentrant gentiment chez elle. Et qu’ils espéraient peut-être aussi un emprisonnement ferme parce qu’il n’y a pas eu un seul jour de prison, ni à l’époque des faits, ni aujourd’hui".

Le parquet avait requis 3 ans de prison. Il a trente jours pour interjeter appel.

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