12 et 15 ans de prison pour deux amants en aveux d'une tentative d'assassinat à Gozée

Le tribunal a finalement retenu la pure gratuité des faits et leur caractère particulièrement glaçant pour les condamner tous les deux (illustration).
Le tribunal a finalement retenu la pure gratuité des faits et leur caractère particulièrement glaçant pour les condamner tous les deux (illustration). - © Flickr - mikecogh

Le tribunal correctionnel de Charleroi a rendu son jugement dans une affaire de tentative d'assassinat survenue à Gozée (Thuin), en août 2015. Deux amants écopent de 12 et 15 ans de prison ferme pour avoir tenté d'étrangler le mari trompé.

Virginie R. et son amant Kévin G. ont reconnu avoir voulu tuer le mari de la première citée mais n'ont pu fournir aucun mobile réel. Plutôt conciliante, la victime avait accepté que les prévenus viennent habiter chez lui. Il dormait dans le divan et quittait l'habitation lorsqu'ils recherchaient un peu d'intimité.

Or, Virginie R. a décidé de se débarrasser de lui. Un plan a donc été mis sur pied. "Quelques mois avant les faits, des médicaments avaient déjà été versés dans son whisky", a déclaré le substitut Dufrasnes lors de la dernière audience, tout en insistant sur la préméditation. "Ils ont échangé des SMS éloquents, la prévenue enjoignant son mari de passer à l'acte."

Cette nuit-là, alors que l'ex-mari dormait dans le salon, Kévin G. s'est introduit dans l'habitation dont la porte avait été laissée ouverte par sa complice. Encagoulé, il a d'abord renoncé avant de revenir et de tenter d'étrangler la victime avec sa ceinture. Celle-ci s'est toutefois débattue et a eu le dessus sur son agresseur qu'elle a reconnu.

Selon le parquet, l'apathie des prévenus et leur absence de mobile réel démontrent tout le mépris qu'ils ont pour la vie humaine. Le ministère public a donc requis 15 ans de prison contre Virginie R., considérée comme le cerveau, et 12 ans de prison contre Kévin G., l'exécutant.

Me Deprez, conseil de Virginie R., n'a pu fournir de meilleure explication que le caractère introverti de sa cliente. L'avocate a évoqué une prise de conscience, des regrets et sollicité une peine de 5 ans de prison avec sursis probatoire. Me Balsarini a demandé une peine semblable en affirmant que son client avait "retenu son geste au dernier moment" et qu'il été manipulé par le premier amour de sa vie.

Le tribunal a finalement retenu la pure gratuité des faits et leur caractère particulièrement glaçant pour condamner Kévin R. à 12 ans de prison ferme et l'instigatrice, Virginie R., à 15 ans de prison.

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