100 000 raccordements concernés: quelle eau dans le futur pour le Borinage?

Les pompes installées dans la station de Boussu
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Les pompes installées dans la station de Boussu - © I.Palmitessa

La Société wallonne des eaux (SWDE) va devoir investir pour assurer l'avenir de la distribution de l'eau dans le Borinage. 100 000 raccordements sont concernés. En cause: un problème au captage de Boussu.

Pour mieux comprendre la situation, nous rencontrons Patrick Morelle, à la station de captage de Boussu. En tant que contrôleur du service production à la SWDE, il connait bien le problème. "Il y a dix ans, nous captions ici 16 000 m3 d'eau par jour. Nous avons dû rabaisser la production à cause de la dégradation de la qualité d'eau de nos puits. Nous sommes maintenant à 8000 mètres cubes par jour, les 8000 mètres cubes manquants nous sont apportés par l'IDEA qui produit de l'eau potable au départ d'autres captages".

La cause de la dégradation des puits de Boussu? Le remembrement des terrils qui se trouvent tout autour des puits de captage. C'est donc une pollution, héritée du passé minier qui percole au fil des années et se retrouve dans la nappe aquifère. Un phénomène lent qui va s’aggraver et qui est irréversible. Pour dépolluer l'eau, la SWDE utilise d’impressionnants filtres au charbon actif. Une technique efficace mais coûteuse.

Nouveaux filtres ou accord avec Vivaqua?

Face à cette situation, comment garantir une eau à un prix raisonnable pour les habitants du Borinage desservis par la station de Boussu (entre Boussu et Mons et entre Boussu et les Hauts-Pays)? Deux possibilités existent. Soit la SWDE investit dans de nouvelles installations de captage et de potabilisation de l'eau, soit elle trouve d'autres sources d'approvisionnement. C'est vers cette dernière solution que les études penchent. Selon Benoît Moulin, porte-parole de la SWDE, "la vraie question ici à Boussu est de se demander à quel prix on va pouvoir continuer de fournir de l'eau potable, la situation ne va pas s’arranger et les traitements coûtent cher, si on trouve une source alternative, ça aura une influence positive sur la facture d'eau."

Et tous les yeux se tournent vers Vivaqua, cette société capte de l'eau à Havré pour la vendre actuellement à la Flandre. Un contrat qui s'achève bientôt. En établissant des connexions avec le réseau desservi par Boussu mais aussi avec le captage de Gaurain-Ramecroix (Tournaisis), la SWDE  pourrait garantir des solutions de secours en cas de problème. Reste maintenant à négocier le prix de l'eau avec Vivaqua. Quelles répercussions ces nouvelles mesures auront-elles sur les factures des consommateurs de la région? Réponse dans quelques années.

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