10 à 15% des adultes bruxellois ne savent ni lire ni écrire

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A Bruxelles, environ 8000 adultes suivent des cours pour apprendre à lire et à écrire. Malheureusement, il manque de places. L'an dernier plus de 2000 personnes ont été refusées. L'antenne schaerbeekoise de l'association 'Lire et Ecrire' est, par exemple, débordée.

Les inscriptions pour les cours d'alphabétisation à l'antenne schaerbeekoise de l'association 'Lire et Ecrire' ont commencé mercredi dernier, et toutes les places sont déjà prises. Pourtant la salle d'attente ne désemplit pas. Maria se charge d'accueillir les candidats, mais elle doit souvent leur expliquer qu'il n'y a plus de place. Parfois, elle en trouve ailleurs, et peut annoncer une bonne nouvelle au téléphone.

La période d'inscription s'est achevée ce mercredi. Mais sans places disponibles, la directrice Sophie Van Krieking ne peut pas faire grand chose. "Malgré tout, on essaie de voir ce qu'on peut faire avec eux, explique la directrice. Eventuellement, les mettre sur une liste d'attente, en sachant qu'il y a beaucoup de gens qui viennent s'inscrire, qui prennent des places, et qu'on ne revoit plus à partir du moment où ils ont reçu leur attestation d'inscription, et à partir du moment où les cours ont commencé. Donc il y a peut-être certaines places qui vont se libérer à ce moment-là."

Ces places ne seront malgré tout pas suffisantes, preuve que le secteur manque cruellement de places, d'infrastructures et de moyens.

Une importante demande d'apprendre

On estime qu'entre 10 et 15% des adultes bruxellois ne savent ni lire ni écrire. Pas mal d'entre eux sont issus de l'immigration. C'est le cas d'Aziza. Arrivée en Belgique il y a 27 ans, elle a travaillé en tant que nettoyeuse pendant de nombreuses années, mais elle a été exploitée parce qu'elle ne savait pas lire. Cela fait trois ans qu'elle suit des cours d'alphabétisation chez 'Lire et Ecrire'. "Je me suis présentée au CPAS, et je leur ai dit que s'ils veulent que je travaille, il faut que je fasse 'Lire et Ecrire', raconte Aziza. Parce que partout où on va, il faut quand même marquer l'adresse, le nom de la personne, le numéro de téléphone. Il faut se présenter, lire les cartes, les papiers qu'ils vous donnent, etc. C'est moi qui me suis battue avec le CPAS pour qu'ils me donnent ce droit-là, apprendre à lire et à écrire."

Aziza parle de se battre avec les CPAS. C'est qu'il manque cruellement de places dans les cours d'alphabétisation. L'an dernier plus de 2 000 personnes ont été refusées, par manque de places. Il faut dire qu'à Bruxelles, la situation est un peu particulière. "On a de nouveaux migrants, qui sont en demande d'apprentissage du français, déclare Eric Buyssens, co-président de 'Lire et Ecrire'. Ils ne sont pas forcément illettrés, au sens qu'ils ne maîtrisent pas l'écriture dans leur langue d'origine. Donc ils ont été scolarisés, mais ils sont en demande, et c'est légitime. Et comme il n'y a pas d'offre suffisante de cours de français pour les personnes d'origine étrangère, ils s'orientent naturellement vers les cours d'alphabétisation, et viennent un peu se mettre en concurrence, si on peut dire, avec les analphabètes qui ont le plus besoin de ces cours."

En cette journée nationale de l'alphabétisation, l'association ' Lire et Ecrire ' a mené des actions pour rappeler l'existence de ses cours. Car à Bruxelles, elle a du mal à contacter la population "belgo belge", alors que celle-ci est aussi touchée par le problème.

'Lire et Ecrire' a distribué des cartes postales ce mercredi matin à Rogier, et tenu un stand d'info de 9 à 17 heures, sur la rue Neuve, devant l'Eglise du Finistère. Des compléments d'information sont disponibles sur le site de l'association 'Lire et Ecrire' (www.lire-et-ecrire.be).

 

G. Fabré - N. Nahjari

 

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