Woluwe-Saint-Pierre, repaire des hirondelles

Des hirondelles dans leur nid.
Des hirondelles dans leur nid. - © Deneve Pierre

Les hirondelles sont de plus en plus nombreuses à Woluwe-Saint-Pierre. Cet été, 45 couples nicheurs se sont installés dans la commune, soit 25% de plus qu'en 2015. Dans les années 2000, l'espèce avait pourtant quasiment disparu du quartier. C'est grâce à l'investissement des autorités communales, du tissu associatif et des habitants que les oiseaux ont pu faire leur grand retour.

"72 nouveaux nids ont été installés dans le quartier résidentiel Sainte-Alix. En comptant les 80 nids abrités par le Lycée Mater Dei et les 12 nids déjà installés chez des habitants, on arrive à un total de 164 nids en 2016 dans la commune" explique Caroline Lhoir, échevine de l'Environnement à Woluwe-Saint-Pierre. Une nouvelle d'autant plus réjouissante qu'il n'est pas aisé d'attirer les hirondelles en milieu urbain. Ces oiseaux vivent en colonies, et ne nichent que là où d'autres hirondelles sont déjà présentes. Le seul moyen de les attirer est donc de tenter d'amplifier les colonies existantes. Pour cela, il faut créer des nids artificiels. En effet, il est devenu quasi impossible pour les hirondelles de fabriquer un nid en ville, à cause du manque de boue et d'insectes.

Des oiseaux difficiles à attirer

Les habitants ont donc joué un rôle important dans la recrudescence des oiseaux. 72 ménages ont accepté le placement d'un nid dans leur corniche. Toutes les habitations ne peuvent pas prétendre à accueillir des hirondelles. "Il faut une corniche bien large, de manière à protéger le nid du soleil. Il faut aussi qu'elle se trouve dans un espace bien dégagé, car des éperviers peuvent se cacher dans les arbres" avertit Charles Carels, coordinateur du projet chez Aves-Natagora. La corniche doit également être haute d'au moins 4 mètres, et être proche d'une autre colonie d'hirondelles.

Pour encore accroître leurs chances d'accueillir un couple nicheur, beaucoup de riverains se sont prêtés au jeu de diffuser, via des baffles extérieurs, une bande sonore reproduisant le chant des hirondelles. L'initiative semble avoir fait ses preuves. Aujourd'hui, la commune de Woluwe-Saint-Pierre abrite à elle seule 20 % de la population d'hirondelles bruxelloise.

Préserver la biodiversité

Pour l'échevine de l'Environnement, l'enjeu est la préservation de la biodiversité: "Ces oiseaux se nourrissent d'insectes et sont eux-mêmes des proies pour d'autres. C'est toute une chaîne qui est déséquilibrée si les espèces périclitent". Pour apporter leur pierre à l'édifice, les autorités communales ont arrêté depuis 4 ans d'utiliser des pesticides pour le désherbage des espaces verts. Une initiative qui devrait favoriser l'attractivité de la commune pour les hirondelles. Mais pour espérer croiser les oiseaux, il faudra attendre encore quelques mois. Les hirondelles viennent d'entamer leur migration vers l'Afrique de l'Ouest où elles passeront l'hiver. Elles reviendront progressivement dans nos quartiers dès la mi-avril.

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