Viva for Life: visite à la "Maison d'Accueil", où les enfants attendent que l'orage passe

Une grande maison parmi d'autres, à Watermael-Boitsfort en Région bruxelloise. Avec son allée de garage, son jardin et son sapin de Noël au salon. Mais celle-ci héberge... 17 enfants. Entre 18 mois et 18 ans, ils ont en commun d'avoir été placés par les services d'aide à la jeunesse ou de protection de la jeunesse, pour être à l'abri de situations familiales difficiles.

"Ils viennent de familles en crise, explique le directeur François Moury. Il s'agit soit de crises passagères assez vite résolues, alors le jeune réintègre sa famille ou bien de crises plus profondes: on a des familles du quart-monde en difficulté, des problèmes de type alcoolisme ou toxicomanie, on a des mineurs non-accompagnés. On s'occupe aussi d'enfants de mères très jeunes, alors quand ces parents grandissent, se stabilisent et se sentent prêts à s'occuper de leur enfant, un retour en famille est envisagé".

Les enfants restent ici quelques semaines ou des années, selon leur situation.

Une chaumière plutôt qu'une institution

L'équipe qui travaille ici essaye que la vie ressemble le plus possible à celle d'une maisonnée "normale".

Les enfants vont à l'école qui leur correspond: 12 établissements pour 17 enfants. Ils peuvent, chacun, exercer un loisir à l'extérieur de la maison. Et leur vie est rythmée: goûter, jeux, horaires pour les repas, la mise au lit...

Dans ce cadre voulu paisible, les moments délicats sont nombreux. Après la visite d'un parent, un parloir de prison ou une journée auprès d'une famille de parrainage. Les travailleurs sociaux suivent les enfants au fil de tous ces moments.

"On veut vraiment que chaque membre du personnel ici suive l'enfant dans sa globalité. Donc quand il y a des rendez-vous au tribunal, quand il y a des réunions de parents à l'école... Cela peut paraitre anodin mais ce sont des événements important dans la vie de l'enfant. Et les éducateurs se relayent aussi pour les nuits: on ne fait pas appel à des veilleurs. Quand un petit se réveille la nuit, il connait l'éducateur qui est là et donc c'est rassurant".

Des éducateurs au four et au moulin

Le matin, un seul éducateur emmène chacun à l'école. "C'est compliqué, il court beaucoup dans tous les sens", explique François Moury. Et pour encadrer les devoirs après les retours d'école, les repas et la mise au lit... Ils ne sont que trois. "Ce serait beaucoup mieux d'avoir plus de monde mais on ne peut pas se le permettre".

Et pourtant ils essayent de ménager des moments privilégiés avec les plus petits. "Les petits mangent entre eux et un adulte mange avec eux. Et c'est l'adulte qui fait la mise au lit avec un moment un peu ritualisé. Cela dépend des éducateurs, certains leur jouent de la musique, ou leur lisent une histoire, ou les bercent... Il y a un accompagnement pour le coucher des petits".

Pour les finances, c'est la débrouille

Avec un personnel qualifié qui travaille aussi la nuit, une bâtisse vieillissante qui s'use vu sa vingtaine d'occupants permanents et des vacances à la campagne ou à la mer à offrir chaque année aux enfants, les subsides de la fédération Wallonie Bruxelles ne suffisent pas. C'est la débrouille pour trouver le complément et le directeur y consacre une part importante de son énergie. Il espère que les dons, peut-être ceux de Viva For Life, lui permettront de rénover une salle de bain ou la cuisine. 

Mais cela ne vient pas à bout de sa motivation. "C'est un travail prenant, pas très facile. Mais je le fais par passion. Il y a quelque chose de profond qui nous anime, par exemple quand on voit que les enfants parviennent encore à rêver ici malgré les grosses carences qu'ils ont pu avoir. Ou quand on voit qu'un enfant recommence à rêver, alors je me dis qu'on a gagné quelque chose".

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