Visite royale auprès des sans-abris à Saint-Gilles

Visite royale auprès des sans-abris à Saint-Gilles
Visite royale auprès des sans-abris à Saint-Gilles - © ERIC LALMAND - BELGA

Ce mardi après-midi, le roi Philippe était au Parvis de Saint-Gilles à Bruxelles, là où se trouve le Clos, un centre de jour pour sans-abris. C'est l'asbl L'Îlot qui le gère. Elle y accueille 920 personnes par an en leur offrant des repas, une douche ou encore une lessive. Une aide de première ligne qui permet ensuite de proposer des aides plus durables à ceux qui le souhaitent. Un logement par exemple pour sortir la tête hors de l'eau.

Ca s'active dans la cuisine du Clos, le centre de jour de l'asbl l'Îlot à Saint-Gilles. Elle n'est pas bien grande et pourtant, une cinquantaine de repas y sont cuisinés chaque jour. Laurent Di Meo s'occupe de récolter la nourriture. "98% de ce que nous servons à nos bénéficiaires sont issus des dons. Je me rends dans différentes enseignes de supermarché qui donnent leurs invendus avant la date limite de consommation."

Mais Laurent n'a pas toujours occupé cette place. Il y a quelques années, c'est lui qui s'asseyait à ces tables pour recevoir un repas. "La maman de mes enfants est décédée en 2007. Et je me suis retrouvé relativement seul avec mes deux enfants de 10 et 11 ans. Avec un travail d'indépendant à côté, en tant que consultant informatique, je me suis retrouvé à courir dans tous les sens, tant pour mes enfants que pour mon travail. Et je pense que je me suis perdu. Je me suis retrouvé sans client... Ca a été la dégringolade. Je me suis retrouvé  à la rue, sans appartement."

Plus de 100 personnes relogées par an

Après le repas, les assistants sociaux de l'Îlot lui ont proposé un toit. C'est ce qui lui a permis de retrouver une stabilité. "À force de venir manger ici, les usagers font connaissance avec nos assistants sociaux, explique Philip De Buck, directeur du Clos. Car ce sont les travailleurs sociaux qui font le service en salle et il y a donc un contact obligatoire avec nos usagers. Cela nous permet de déceler qui est en demande d'une aide quelle qu'elle soit."

L'aide de première ligne fonctionne donc comme une accroche pour proposer des solutions plus durables. "On ne va pas imposer une solution à une personne, précise Ariane Dierickx, directrice générale de l'asbl Îlot. C'est en dialoguant avec la personne que l'on va décortiquer son récit pour comprendre ce qui lui paraît le plus important. On commence là où elle nous demande de commencer. À partir de là, on peut travailler sur le plus long terme. La priorité, c'est aussi de rouvrir les droits des personnes qui, souvent, peuvent facilement être réactivée. Retrouver un revenu régulier comme le revenu d'intégration social du CPAS."

Un revenu compliqué à obtenir quand on est sans adresse et donc sans aide de la commune où l'on habite. "Les personnes sans-abris, bien souvent, la première chose dont elles ont besoin, c'est un toit, confirme la directrice. Sans cela, on ne peut pas se projeter dans l'avenir. C'est le moteur du travail de l'Îlot depuis quelques années: on a remis le logement au cœur des solutions."

Une solution qui n'est pas imposée pour que la personne ne risque pas de subir un nouvel échec. En 2017, l'asbl a relogé 112 personne mais estime le nombre de sans-abris à Bruxelles à plus de 4000.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK