Tunnels: "Le gouvernement bruxellois a joué avec la vie des gens", accuse V. De Wolf

Ce qui a été montré aux bourgmestres concernés mercredi lors d'une réunion technique avec le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (sp.a) au sujet de l'état du tunnel Montgomery est "effarant" déclare le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf (MR): "Le plafond (une dalle de béton) n'est plus porté par les murs, il pend dans le vide et est descendu de 8 cm. Je dirais 'fini de rire'. C'est effroyable: il y a des trams qui passent au-dessus. On aurait pu imaginer que le plafond s'effondre, avec les trams, sur les automobilistes. Vous voyez les conséquences sur la vie des usagers".

Pour autant, il reste des inconnues, poursuit Vincent De Wolf: "La version officielle c'est que c'est tout récent. Ou bien c'était déjà descendu depuis longtemps et on ne l'avait pas vu; ou bien cela vient d'arriver. Tout cela on ne sait pas".

"Ce qui se passe à Bruxelles c'est dramatique pour l'image, pour l'économie, pour la santé avec tous les problèmes de pollution et d'encombrement. Mais cela veut quand même dire que le gouvernement bruxellois pendant longtemps a joué avec la vie des gens" accuse Vincent De Wolf, qui est chef du groupe MR au Parlement bruxellois.

Arrêtés de police de fermeture du tunnel Montgomery

Même si cet ouvrage est actuellement fermé, les communes d'Etterbeek, de Woluwe-Saint-Lambert et de Woluwe-Saint-Pierre préparent des arrêtés de police relatifs au tunnel Montgomery. Ils pourraient être pris dès ce jeudi ou vendredi matin, indique Vincent De Wolf. "C'est notre responsabilité civile et pénale".

Les arrêtés imposeront la fermeture du tunnel, ordonneront des travaux d'urgence et sans doute des travaux de caractère plus définitif. La réouverture du tunnel ne sera autorisée que lorsqu'un bureau d'étude aura confirmé qu'il n'y a plus de danger pour les utilisateurs. Les trois communes tiendront une réunion commune vendredi matin dans le cadre du collège de la zone de police.

"Les moyens budgétaires n'ont pas manqué"

Les anciens responsables de Bruxelles Mobilité (l'administration qui gère notamment les ponts et les tunnels) ont été entendus par la Commission spéciale du Parlement bruxellois. Ils ont dit qu'ils n'ont jamais reçu ni les budgets ni le personnel qu'ils ont demandés, selon Vincent de Wolf. Ils ont déclaré aussi qu'ils avaient demandé "des travaux importants de rénovation suite à une étude de Master Plan qui a été commandée en 2009 et reçue en 2012-2013; cela n'a pas été fait non plus. Il est assez étonnant de voir les deux ministres (Brigitte Grouwels et Pascal Smet) qui ont comparu mercredi dans la Commission spéciale: chacun se targue des plumes du paon. Tout a été fait selon eux. C'est faux dans la mesure où on a démontré que depuis 2011 ils avaient des moyens budgétaires qu'ils n'ont même pas employés. Les dysfonctionnements sont graves parce que le Master Plan a été la boule puante que chacun s'est rejeté au gouvernement. Ce n'est ni clair, ni responsable: ils n'ont pas suivi ce que le Master Plan recommandait, notamment des dispositifs d'alerte d'urgence qui devaient être installés ou des travaux d'entretien à Stéphanie, à Montgomery, au tunnel Léopold II. Cela n'a pas été fait".

"Rien ne justifie qu'on laisse à l'abandon des infrastructures au point de menacer la vie des gens. Je crois qu'il est temps de siffler la fin de la récréation et qu'on prenne ses responsabilités dans ce dossier", conclut Vincent De Wolf.

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