Une jeune prostituée tuée à coups de couteau à Schaerbeek: le quartier chaud part en grève

La scène de crime se trouve derrière la bâche bleue, rue Linné, à Schaerbeek.
La scène de crime se trouve derrière la bâche bleue, rue Linné, à Schaerbeek. - © Rtbf

Une jeune prostituée nigériane a été tuée, tôt ce mardi matin, dans la partie de la rue Linné située sur le territoire de Schaerbeek. Son corps sans vie a été découvert sur le trottoir vers 4h45. L'auteur est en fuite, et la police scientifique est descendue sur les lieux pour relever les traces et les indices utiles à l'enquête.

Une enquête de voisinage a eu lieu et des témoins ont été auditionnés. Des premiers éléments d'enquête, il ressort que la victime a reçu plusieurs coups de couteau d'un ou de plusieurs suspects. Un médecin légiste a été désigné et un juge d'instruction a été saisi du chef de meurtre à charge de X. Les suites d'enquête ont été confiées à la police judiciaire fédérale.

D'après les papiers retrouvés sur la victime, il s'agirait d'une Nigériane née en 1995.  Les circonstances qui ont conduit à sa mort ne sont pas connues, indique mardi le parquet de Bruxelles, qui précise qu'une vaste enquête est menée afin d'identifier le ou les auteurs.

Deuxième agression dans le quartier

Le 19 février dernier, une autre prostituée avait également été agressée dans une carrée de la rue de la Rivière, à Saint-Josse. La jeune femme avait été sérieusement blessée mais avait pu en réchapper. Son agresseur n'a pas été retrouvé non plus. Sur place plusieurs collègues de la victime déploraient la lenteur de la police en cas d'appel. "On appelle et la police arrive une heure après, quand c'est trop tard", explique une travailleuse du sexe. "La police s'en fiche de nous parce que nous sommes des femmes noires, alors que le commissariat se trouve en bas de la rue."

Des accusations démenties par la police de la zone de Bruxelles-Nord. "Pour ce qui est du meurtre de ce matin, la patrouille est arrivée sur les lieux en deux minutes", explique Louise Wéber, porte-parole de la zone. "Pour le reste, il se peut que nous ayons plusieurs appels en même temps. Les interventions s'effectuent alors en fonction de l'urgence et du degré de priorité. Nous traitons tous les appels de la même manière. Et la police connaît évidemment la situation particulière dans laquelle se trouvent les prostituées du quartier Nord. Enfin, la proximité du commissariat de la rue de la Prairie ne doit pas donner des fausses impressions. En cas d'intervention, c'est la patrouille la plus proche qui se rend sur place, pas les policiers du commissariat. Parfois, aussi, les gens ont l'impression que nous ne sommes pas intervenus parce qu'ils ne sont pas informés des suites. C'est généralement parce que nous avons reçu plusieurs appels pour le même fait. Dans ce cas, nous ne tenons au courant que la personne qui a appelé en premier", conclut la porte-parole de la zone de police.

Les "filles" en grève

Le meurtre de la jeune prostituée a provoqué un vif émoi dans le quartier. En guise de solidarité, les travailleuses du sexe ont décidé d'éteindre les néons et de cesser le travail ce mardi. L'UTSOPI (l'Union des Travailleurs.euses du Sexe Organisés pour l'Indépendance) se joint à cette action et invite tous les autres travailleurs du sexe au-delà du seul quartier Nord à faire de même s'ils peuvent se le permettre.

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