Une exposition à Auderghem rend hommage au dessinateur de presse Horn

"Le week-end sportif", la rubrique de Horn dans le journal Le Soir
"Le week-end sportif", la rubrique de Horn dans le journal Le Soir - © Droits réservés

Peu connu du grand public, Horn, de son vrai nom Fernand Van Horen, est pourtant l'un des dessinateurs de presse les plus brillants qu'ait connu la Belgique. Né en 1909 au Congo belge, d'un père belge et d'une mère congolaise, Horn est rapidement orphelin de père. Arraché à sa mère, Fernand sera élevé en Belgique par l'une des ses tantes. Passionné de chevaux et doué pour le sport, le futur Horn profite de son service militaire pour s'adonner à l'équitation. Malgré le racisme ambiant, il sera le premier homme de couleur à devenir officier de réserve d'un régiment de cavalerie de l'armée belge.

Une carrière de dessinateur

En marge d'une terne carrière d'employé de banque, Fernand Van Horen, qui a étudié le dessin en cours du soir, entame une collaboration avec le journal Le Soir. Il fournit régulièrement de petits portraits sportifs acheminés par coursier au siège du journal. Quand la seconde guerre mondiale éclate, Fernand Van Horen est mobilisé comme officier de cavalerie. Après la capitulation, il s'engage dans la Résistance. Avant même d'avoir pu poser le moindre acte concret, son réseau est dénoncé à la Gestapo. Horn terminera la guerre au camp de concentration de Flossenbürg, libéré par les alliés en avril 1945. Pendant sa détention, Horn a dessiné certains de ses compagnons de captivité, comme il "croquera" certains de ses libérateurs américains. Il s'est juré de se consacrer entièrement au dessin s'il réchappe aux camps de la mort. Il entame donc une carrière de dessinateur professionnel dans plusieurs organes de presse. Mais c'est au Soir qu'il fournira l'essentiel de sa production, avec "Le Week-end sportif", d'abord sur un quart, puis sur une demi-page. Il y aura ensuite la rubrique "Il y a 50 ans", toujours pour Le Soir.

Un dessin virtuose

Selon son petit-fils Etienne Vernaeve, à l'origine de l'exposition Horn à la Seed Factory d'Auderghem, Horn était un esprit indépendant, rétif à toute forme de travail en équipe. Ce qui explique sans doute qu'il ne se soit pas lancé dans la bande dessinée où son trait précis, rigoureux et vif aurait fait merveille. Ses dessins en attestent, Horn avait un sacré coup de crayon. Il n'avait pas son pareil pour restituer les gestes d'un sportif en mouvement. Il saisit sur le vif les traits des coureurs pendant le Tour de France. "Chaque jour, pour Le Soir, Horn devait fournir un dessin du vainqueur de l'étape", explique son petit-fils. "Il ne connaissait évidemment pas le visage de tout le peloton, alors quand les coureurs étaient sur le point de conclure l'étape, mon grand-père descendait voir l'arrivée à la télévision. Il ne disposait parfois que de quelques minutes pour saisir les traits du vainqueur. Et la plupart du temps, il y arrivait. "

La Seed Factory expose jusqu'à la fin du mois de juin quelque 200 dessins de Horn, datant de toutes les époques traversées par le dessinateur bruxellois, décédé en 2005 à l'âge de 96 ans.

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