Un "tax shelter" pour rénover nos musées?

Il pleut dans les salles de nos musées (ici aux MRAH du Cinquantenaire)
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Il pleut dans les salles de nos musées (ici aux MRAH du Cinquantenaire) - © RTBF JC Hennuy

Dans Matin Première, Robin Cornet se penchait mercredi sur l’état des bâtiments des institutions culturelles fédérales, avec Isabelle Vanhoonacker, directrice du service éducatif des Musées Royaux des Beaux-Arts où des seaux ont dû être placés dans certains salles victimes d’infiltrations d'eau et Paul Dujardin, directeur du Palais des beaux-arts (Bozar), qui tous deux prônent l'autonomie des musées pour leur donner la possibilité de se moderniser.

Sponsors et tax shelter

"Ce n'est pas depuis hier qu'il pleut. La problématique est là depuis des années", dit Isabelle Vanhoonaker. "Nous avons besoin de modernisation, de rénovation des bâtiments".

"Il n'y a jamais eu de dégâts aux tableaux. Nous avons pris des mesures (de fermeture anticipée d'une exposition, NDLR) de façon préventive. C'était un tiers (un entrepreneur, NDLR) qui avait fait des trous. Nous étions en chemin vers la modernisation (...) pour mettre les salles aux normes".

Il y a encore du travail, détaille Isabelle Vanhoonaker. "Il est très urgent de s'y attaquer", un appel au fédéral, à la Régie des Bâtiments... qui manque aussi de moyens, reconnaît-elle.

Autre solution, la "société anonyme de droit public", un statut plus souple analogue à celui de Bozar, ce qui permettrait d'attirer le sponsoring sur base légale, comme dans les pays anglo-saxons, citant l'exemple du tax shelter.

Un Bozar plus autonome

Un peu plus loin sur le Mont des Arts, il pleut aussi sur le Palais des Beaux-Arts, mais pour son directeur Paul Dujardin, "le statut nous a sauvé en nous donnant une plus grande autonomie de gestion".

Le mécénat privé a pu aider à la création du musée Magritte moyennant des exceptions fiscales pour Suez, rappelle-t-il, citant aussi les investissements volontaristes du fédéral au Musée d'Afrique centrale de Tervueren et au Conservatoire royal de Bruxelles.

Interrogé sur le manque de financement des institutions scientifiques fédérales par le politique, surtout par la N-VA à laquelle appartient la ministre de la politique scientifique Elke Sleurs, Paul Dujardin indique qu'il n'a pas le sentiment que le gouvernement ne leur est pas favorable. Une réponse en forme de double négation, donc, mais il faut rappeler que le ministre de tutelle de Bozar est Didier Reynders (MR) contrairement aux musées dont la mission comprend une partie de recherche scientifique.

Le financement de la culture en Belgique est complexe. Des économies linéaires touchent toutes les institutions, rappelle Paul Dujardin qui constate que la Belgique fait finalement moins d'économies que ses voisins dans ce domaine au regard du PIB. Ce qui compte donc, à ses yeux, c'est la volonté d'initiative. Le directeur de Bozar déplore toutefois le manque de coopération entre entités dans le domaine culturel.

En conclusion, il espère que le transfert voulu par la ministre de la Politique scientifique Elke Sleurs de 11 millions d'euros vers les musées sera pérennisé.

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