Un syndicat de police dénonce à son tour des violences policières après la manifestation du 24 janvier

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(illustration). - © © JOHANNA GERON - BELGA

Un syndicat policier, en l’occurrence la CGSP Police, a été alerté par plusieurs de ses affiliés qui ont été témoin de violences après une manifestation contre la justice de classe. Les faits se sont déroulés le 24 janvier dernier, dans les casernes d'Etterbeek, où plus de 200 manifestants dont des mineurs ont été emmenés après leur arrestation.

Dans un courrier adressé à Philippe Close, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, le syndicat socialiste n’y va pas par quatre chemins en expliquant que les procédures administratives n’ont pas été respectées, pas plus que les normes Covid.  Le syndicat dénonce aussi le manque de personnel féminin pour procéder aux fouilles des détenues. Plus grave encore, pour  la CGSP, des mineurs ont été frappés brutalement dans les cellules, sans réactions de la part des chefs présents.    

Selon Betty Masure, la permanente CGSP Police, "Des policiers présents et en désaccord avec ces comportements ont respecté la procédure interne, mais ont demandé l’appui de l’organisation syndicale. Nous ne pouvions pas nous taire sur ce qui est en train de se passer, nous ne pouvions que les soutenir, c’est pourquoi ce courrier a été envoyé", conclut la syndicaliste.

La peur des représailles

La CGSP souligne qu'il s'agit là du comportement de quelques rares individus, mais qu'il faut toutefois pouvoir dénoncer en toute sécurité.

"Il y a une grande peur des représailles. On est face à des travailleurs qui sont dans des situations un peu compliquées. Une certaine forme de pression est déjà en train de se mettre en place. La CGSP demande depuis des années la possibilité de créer une protection, comme pour les lanceurs d’alerte. La possibilité pour des travailleurs qui sont témoins de mauvais comportements de pouvoir expliquer ce qu’ils ont vu en étant protégés ", explique  Betty Masure. 

Deux enquêtes en cours

Le bourgmestre Philippe Close et la zone de police que nous avons contactés, ne souhaitent pas, pour leur part, faire de commentaires, car deux enquêtes, l’une judiciaire l’autre administrative, sont en cours. Ils rencontreront les syndicats jeudi prochain, lors d'une réunion de concertation.

 

 

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