Un projet-pilote pour réduire les risques liés à l'alcool sur les campus

L'une des affiches conçues par les étudiants de l'ULB.
L'une des affiches conçues par les étudiants de l'ULB. - © Tous droits réservés

La rentrée commence dans les écoles supérieures et les universités et avec elle, bientôt, les "baptêmes" d’étudiants. Une initiation folklorique des nouveaux arrivés, traditionnellement célébrée à grand renfort de bière.

Dans les fêtes des cercles étudiants comme dans les grandes soirées de campus, à l'Université Libre de Bruxelles et à l’Université Saint-Louis, des étudiants essayent aujourd’hui de limiter les excès.

Viser les abus, pas la fête

L’initiative vient de l’association Modus Vivendi. Elle a l’expérience des festivals, où elle travaille à réduire les risques liés à la consommation de drogue et d’alcool.

Cette fois, elle s’est fixé le défi de prévenir les risques des excès d’alcool au sein des cercles d’étudiants, où la bière pourtant est sacrée et une "belle descente" valorisée.

"On ne vient pas pour limiter la fête", explique l’une des coordinatrices de l’initiative Emilie Walewyns, elle-même "baptisée". "On veut plutôt aider les étudiants à connaitre leurs limites personnelles, pour les respecter et ne pas se mettre en danger. Pour que la fête soit un plaisir dont on profite de bout en bout".

L’association ne veut pas faire la morale : "On n’est pas venu en disant "Ce que vous faites, c’est mal" mais plutôt : l’alcool c’est un ingrédient du folklore, mais il n'y a pas que ça. On veut pousser les étudiants à se demander quelle place ils donnent à l’alcool, quel modèle ils donnent aux nouveaux".

Un étudiant sur trois boit trop

Pour commencer, l’association a voulu cerner la consommation d’alcool des étudiants des campus bruxellois, en lançant un questionnaire en ligne. 3000 étudiants y ont répondu en trois mois.

Les résultats de cette consultation de Modus Vivendi sont impressionnants.

Un étudiant sur trois consomme trop d’alcool, une consommation dommageable pour son cerveau, outre d’autres risques immédiats (comas éthyliques, accidents, relations sexuelles non-désirées, etc).

Plus précisément un étudiant sur trois présente au moins un de ces trois critères : plusieurs ivresses sur la semaine. Ou plusieurs ‘bingedrinking’ (boire pour être vite saoul, cinq verres au moins en deux heures). Ou encore boire une quantité importante d’alcool (plus de 21 verres/semaine pour les hommes, 14 pour les femmes).

Un étudiant sur 10 est un "gros consommateur" : il cumule les trois critères.

De l’eau dans les cercles

Modus Vivendi a réussi, sur base de cette étude, à mettre sur pied un programme de prévention avec les cercles de Saint-Louis et de l'ULB et les rectorats.

Les étudiants ont emboité le pas à l’association et imaginé des affiches et du matériel de sensibilisation. Ils ont instauré dans les soirées des distribution d’eau et de préservatifs et des "safe corners", où deux étudiants spécialement formés aident ceux pour qui la soirée dérape. Accueil, sensibilisation, aide à ceux qui sont saouls, alternatives pour ne pas conduire en ayant bu, etc.

"L’initiative est très bien reçue parce que ce sont précisément des étudiants des cercles qui en parlent, d’égal à égal, pas quelqu’un d’extérieur" explique Laura Faure, présidente des cercles étudiants de l’ULB. Ce projet de gestion des risques va s’ancrer à long terme sur le campus et sera bientôt entièrement géré par les étudiants.

"L’alcool fait partie de la vie estudiantine mais pas la surconsommation d’alcool" commente Pierre Weyts, vice-président du cercle Saint-Louis. "On veut donner le message de rester responsable, ne pas être à ramasser à la petite cuiller, et puis... on profite plus de sa soirée si on s’en souvient."

Un projet-pilote qui fera des petits

Ce projet-pilote, testé à l'ULB et à l'Université Saint-Louis, sera étendu cette année aux événements de deux écoles supérieures, à nouveau sur base d’une participation active des étudiants.

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