Un projet de trois tours de logements vivement contesté dans le quartier européen

Trois tours à la place des anciens bureaux de la police fédérale
Trois tours à la place des anciens bureaux de la police fédérale - © Rtbf

AG Real Estate a déposé une demande de permis d'urbanisme pour la construction, rue du Noyer, au bout de la Place de Jamblinne de Meux, de trois tours de logements de rez + 15 étages, rez +11 et rez +7 étages. La plus haute des trois tours culminera à plus de 55 mètres alors que tous les bâtiments entourant la place se situent entre 15 et 20 mètres. Le projet, baptisé "Newton", prévoit 157 appartements et un nombre quasi-équivalent de parkings en sous-sol. Auparavant, le site accueillait des bureaux de la Police fédérale.

Pas de "Nimby"

Quatre comités de quartier de Schaerbeek et de Bruxelles font cause commune contre le projet. Ils ne s'opposent pas à du logement à cet endroit, au contraire. Mais ce qui les heurte, ce sont les gabarits. Le projet Newton ne s'intègre pas du tout au quartier. Il va priver d'ensoleillement une partie des habitations avoisinantes. Une des tours sera construite à proximité d'un arbre remarquable (et donc classé) qui risque à terme de disparaître; le projet ampute également de 17% le parc Juliette Herman sur la place de Jamblinne de Meux. Les riverains rappellent que même l'Ecole Royale Militaire, juste en face, a dû se plier aux gabarits existants alors qu'elle projetait de construire, elle aussi, une tour.

Arguments sécuritaires

Plus étonnant, les riverains avancent aussi des arguments sécuritaires. Avec leurs 15 et 11 étages, deux des tours offriront une vue plongeante sur l'intérieur de l'Ecole Royale Militaire, où est situé l'Institut Supérieur Royal de la Défense, dont la sécurité vient d'être renforcée par l'installation de fil de fer barbelé depuis les attentats du 22 mars. 

Regroupés dans le "Collectif 1727" (année de la mort de Newton), les quatre comités de quartier ne se contentent pas de critiquer le projet d'AG Real Estate. Ils demandent que les anciens locaux de la police fédérale soient reconvertis en logements intergénérationnels ou en habitat groupé, en logements de 4 chambres pour des familles nombreuses, en quelques studios pour étudiants et en logements adaptés pour des personnes handicapées. Ce qui modifierait évidemment radicalement l'économie - et donc la rentabilité - du projet. La commission de concertation de la Ville de Bruxelles débattra de la demande de permis d'urbanisme le 21 juin.