Le faux conducteur de taxi Collecto, soupçonné d'avoir violé une étudiante de l'ULB, devant la justice: neuf victimes identifiées

Un faux chauffeur de taxi qui embarque une étudiante, à la sortie d'une soirée ULB,  avant de la violer. L'affaire avait fait grand bruit au mois de novembre. Ce mercredi matin, le procès de cet homme de 44 ans s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.

"Il aurait sans doute pu être stoppé plus tôt", selon l'avocate de l'étudiante

Nous sommes le 2 novembre 2019. A la sortie d'une soirée étudiante de l'ULB, à la Jefke sur le campus de la Plaine, une jeune fille monte dans un taxi collecto, afin de rentrer chez elle. Les collectos, ce sont ces taxis moins chers, de nuit, pour les usagers des transports en commun bruxellois. Sauf qu'ici, il s'agit d'un faux collecto. Et au lieu de ramener l'étudiante chez elle, le conducteur, qui porte un vêtement de la STIB, emmène la jeune fille de 20 ans chez lui, dans le Hainaut. "Elle sera emmenée dans un endroit qu'elle ne connait pas et séquestrée de force, sous la menace d'un couteau", explique Me Caroline Poiré, l'avocate de cette étudiante. "Ensuite, elle sera violée"

Le conducteur l'aurait ensuite raccompagnée chez elle à Bruxelles en voiture. C'est en tout cas ce que la jeune fille dénoncera le lendemain sur un groupe Facebook de l'ULB, "ULB confessions". C'est grâce à divers indices et des ressemblances avec des histoires anciennes que la police remontera jusqu'au prévenu. Mais trop tard, pour l'avocate de l'étudiante. "Il y a eu des lacunes assez importantes dans le cadre de ce dossier parce que le prévenu aurait déjà été identifié dès 2016, si je ne me trompe. Une autre étudiante aurait à l'époque relevé le numéro de sa plaque d'immatriculation, mais les investigations n'auraient pas été beaucoup plus loin".   

Des éléments troublants, selon l'avocat du conducteur

Aujourd'hui, deux jeunes filles sont parties civiles à ce procès. Mais on parle au total de neuf victimes identifiées, avec des faits commis sur plusieurs années. Des victimes de viols, attentats à la pudeur ou menaces. Le prévenu est incarcéré depuis son arrestation, quelque jours après les faits de novembre. Il n'a pas reconnu les faits, confirme son avocat. Un avocat qui souhaiterait soulever plusieurs "éléments troublants", selon lui, au procès. "Par exemple, le fait que la jeune fille accepte d'être raccompagnée par son agresseur, juste après avoir été violé. Cela fait partie des éléments qu'il faudra éclaircir", explique Me Philippe De Keyser.

"Il faudra aussi voir si d'autres victimes potentielles se constituent parties civiles au procès. Pour le moment, il y en a deux officiellement. La STIB se serait, elle aussi, constituée partie civile, puisque l'homme portait un vêtement de la compagnie et est un ancien travailleur de chez eux. Ici, on reproche à mon client notamment d'avoir terni le nom et l'image publique de la compagnie".  

Le prévenu risque une peine pouvant aller en théorie jusqu'à 15 ans de prison. 

Archive du 04/11/2019 - Une étudiante de l'ULB accuse le chauffeur d'un faux taxi Collecto de viol

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