Un étudiant bruxellois aveugle dénonce le danger des trottinettes électriques sur les trottoirs

Une trottinette rangée en plein trottoir, à Uccle
Une trottinette rangée en plein trottoir, à Uccle - © Rtbf

Joey Sakala est étudiant en droit et en sciences politiques à l'ULB. Il est aveugle complet et se déplace seul en rue à l'aide de sa canne blanche. Régulièrement, il entre en collision avec des trottinettes électriques rangées n'importe comment sur les trottoirs. Vendredi, en sortant de chez lui, il avait à peine franchi le seuil de l'immeuble qu'il se prenait les pieds dans une trottinette garée juste devant sa porte. « Comme si l'utilisateur n'avait vraiment pas pu la mettre ailleurs », peste le jeune homme, qui effectua un vol plané et se blessa à l'épaule et à la main. 

Impossibles à détecter

Si sa canne blanche permet à Joey Sakala de repérer la plupart des obstacles qui se dressent sur sa route, ce n'est pas le cas des trottinettes électriques. Leur manque d'emprise au sol fait qu'elles échappent au balayage de la canne. « Quand je me rends compte de leur présence, il est trop tard, c'est que je suis déjà dessus ». Depuis que ces engins ont fait leur apparition dans l'espace public bruxellois, Joey Sakala ne compte plus les chutes et les incidents, jusqu'à présent bénins. 

Il s'interroge sur les responsabilités en cas d'accident et il déplore la quasi-impossibilité d'entrer en contact avec les opérateurs (tels que Lime) présents sur le marché bruxellois. « Leur sites internet sont parfaitement inaccessibles pour des personnes déficientes visuelles », regrette Joey Sakala. « Je constate également qu'il est quasiment impossible de les contacter. Il faut envoyer un mail à quasi n'importe quel service pour espérer être lu ».

Quelles responsabilités? 

S'il venait à se blesser grièvement, le jeune étudiant ignore vers quel responsable se tourner. Est-ce l'utilisateur qui a rangé la trottinette qui serait responsable du dommage? Est-ce l'opérateur, qui n'aurait pas donné de consignes claires pour que les utilisateurs rangent leur engin de manière à gêner le moins possible? Ou serait-ce la région bruxelloise, qui a certes songé à encadrer les activités de tous ces opérateurs de mobilité partagée mais sans guère se soucier du sort d'une catégorie minoritaire de la population, les personnes aveugles et malvoyantes et celles à mobilité réduite? 

Des questions intéressantes mais en grande partie rhétoriques. Comment, en effet, une personne aveugle qui se blesserait à cause d'une trottinette stationnée sur sa route parviendrait-elle a demander réparation d'un éventuel dommage sans un témoin de l'accident qui puisse lui fournir le nom de l'opérateur, l'endroit où l'engin était stationné et soit disposé à témoigner? 

Joey Sakala est en tout cas bien décidé à interpeller les autorités bruxelloises à ce propos. 

Archives : Journal télévisé 27/04/2019

Les multiples dangers des trottinettes partagées sont régulièrement dénoncés. Rappel de quelques règles élémentaires.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK