Un entrepreneur bruxellois commande et offre 50.000 masques à des hôpitaux

Turkoz Fatih s'est rendu ce jeudi matin à l'hôpital Saint-Jean, dans le centre de Bruxelles, pour livrer une partie des 50.000 masques chirurgicaux qu'il a achetés
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Turkoz Fatih s'est rendu ce jeudi matin à l'hôpital Saint-Jean, dans le centre de Bruxelles, pour livrer une partie des 50.000 masques chirurgicaux qu'il a achetés - © RTBF

C'est une jolie histoire de Pâques. Un entrepreneur vient en quelque sorte de jouer les cloches fournisseuses de cadeaux, en commandant et en se faisant livrer 50.000 masques chirurgicaux, pour pouvoir les offrir à des hôpitaux. L'homme a en fait profité de ses contacts favorables en Chine pour pouvoir agir rapidement.

"Pour l'instant, je suis en bonne santé et ma famille aussi". C'est cette petite pensée, il y a quelques jours, qui l'a poussé à agir. A 36 ans, comme beaucoup de patrons, Turkoz Fatih a dû fermer ses neuf magasins d'accessoires de GSM en Belgique. Une période pas facile, donc, pour les affaires. Pourtant, lorsqu'il entend l'appel de plusieurs hôpitaux, il décide d'agir. Il débloque une jolie enveloppe d'environ 30.000 euros qu'il avait réussi à mettre de côté et l'utilise pour commander des masques en Chine afin de les offrir. 

Contacts clés en Chine

La Chine, c'est un pays qu'il connait bien. Turkoz Fatih y achète en effet l'ensemble des pièces de ses magasins. Il dispose donc de contacts privilégiés sur place, qui vont s'avérer très précieux en cette période où ce genre de commande est très difficile à faire aboutir. "J'ai appelé notre intermédiaire sur place", explique-t-il. "C'est une femme chinoise qui parle parfaitement français. C'est elle qui a réussi à obtenir ces masques. Mais, une fois prêts, ils se sont retrouvés bloqués sur le tarmac de l'aéroport en Chine. Nous avons alors dû appeler d'autres contacts qui ont réussi à débloquer la situation. Et, en trois semaines, les masques ont pu arriver en Belgique". 

Ces contacts privilégiés, ainsi que la faible quantité commandée comparée à ce que demandent certains pays aujourd'hui, ont joué en sa faveur. Turkoz Fatih a reçu la précieuse cargaison ce mercredi et a déjà été déposer ces 50.000 masques auprès de plusieurs hôpitaux de la capitale, comme Saint-Jean ou Saint-Luc. 

Masques et chocolat qui fait grossir

"Cela soulage beaucoup, évidemment", précise Rudy Rimeau, directeur logistique pour l'hôpital Saint-Luc, qui a réceptionné la cargaison amenée par le jeune entrepreneur. "Ces masques chirurgicaux servent à beaucoup de choses dans un hôpital, comme les soins aux patients non-atteints par le coronavirus ou encore pour protéger le personnel de nettoyage, le personnel d'entretien ou les coursiers qui acheminent le matériel au sein de la clinique. Avec ce don, on peut tenir au moins deux semaines de plus".

Par contre, ces masques ne remplacent pas les fameux masques FFP2 qui sont les seuls utilisables pour soigner en toute sécurité les patients atteints par le coronavirus-covid 19. "On ne peut donc pas vraiment dire que ces dons privés permettent de compenser ou pallier à une intervention de la part des pouvoirs publics". Des pouvoirs publics dont les hôpitaux attendent urgemment des livraisons pour ces fameux masques FFP2, encore plus compliqués à obtenir en ce moment.

A noter que les particuliers se montrent très généreux ces derniers temps. "Nous recevons chaque jour au moins un ou deux dons de masques", explique encore Rudy Rimeau. "Mais bien sûr, en recevoir plus de 10.000 d'un coup comme ici, c'est très très rare. Et cela fait énormément de bien. Nous recevons aussi beaucoup de dons de nourriture en ce moment de la part de particuliers. Et, puisque nous sommes en période de Pâques, beaucoup de chocolats. C'est vraiment très agréable, cela nous encourage à encore en faire plus pour les patients et nous tenons à nouveau à remercier la population. Même si, à titre personnel, je dois l'avouer : j'ai déjà pris quelques kilos ces derniers jours à cause de tout ce chocolat".