Un contrôle de police "covid" tourne mal à Ixelles

Il était environ 17 heures selon la police quand une des équipes de la zone Bruxelles capitale Ixelles décide de contrôler un groupe de personnes à Ixelles, un "contrôle covid", nous dit Olivier Slosse, porte-parole de la zone. Ce type de contrôle a pour but de vérifier le respect des règles en vigueur dans l’espace public comme le port du masque ou le nombre de personnes qui ne peuvent pas être plus de quatre.

Mais le contrôle a mal tourné. "Une personne n’a pas voulu obtempérer et donner son identité, nous explique Olivier Slosse. L’équipe a donc voulu la priver de liberté mais nos policiers ont reçu des coups. Finalement, trois personnes ont été interpellées et sont en état d’arrestation judiciaire. Elles sont entendues au commissariat avant de passer devant un magistrat au parquet."

Une arrestation musclée

Des images envoyées à la rédaction montrent la suite des événements. Une arrestation musclée et un déploiement assez important de véhicules de police rue de la Tulipe à Ixelles. Un jeune homme marche quand il se fait attraper par un policier dans son dos. Après être plaqué au sol et menotté, on voit qu'un des policiers lui tire les cheveux pour le relever. On voit une deuxième personne arrêtée un peu plus loin et emmenée à son tour dans un combi de police. 

Plusieurs riverains racontent, dont cette habitante du quartier: "Ils sont arrivés comme Starsky et Hutch. Ils ont attrapé ce jeune, l'ont plaqué au sol et l'ont violenté. Une autre voiture de police est arrivée en trombe. Comme on voit dans les films! Les jeunes ont commencé à courir. Moi j'ai eu peur qu'ils les renversent! Il y a eu une autre interpellation, ils ont relevé le jeune par les cheveux, ils l'ont retourné au sol. C'était disproportionné, selon moi! C'était violent!"

Les policiers légèrement blessés sont allés à l’hôpital par leurs propres moyens. Ils ont une semaine d'incapacité de travail, selon le porte-parole de la police Olivier Slosse.

Des explications demandées par le ministre de la justice 

Les trois jeunes interpellés ont été libérés après leur audition. Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld) a demandé au parquet de s'expliquer sur leur remise en liberté, a-t-il affirmé au cours de l'émission De Zevende Dag (Eén). A ses yeux, les faits eux-mêmes sont "scandaleux".

Le ministre de la Justice a souligné dimanche que cela ne signifiait nullement que ces personnes n'étaient pas coupables. S'il apparaît qu'elles ont commis des faits répréhensibles, elles seront déférées devant un Juge d'instruction, seront poursuivies et sanctionnées, a-t-il insisté. Vincent Van Quickenborne a également rappelé que l'accord de gouvernement prévoyait d'appliquer une tolérance zéro pour les faits de violence à l'égard de policiers.

Pour lui, cela implique que tous les faits répréhensibles feront l'objet de poursuites dans le chef de leurs auteurs, seront jugés et sanctionnés.

Une enquête en cours

Le parquet de Bruxelles répond que "l'enquête est en cours et sera poursuivie en priorité afin de faire la lumière sur l’ensemble des circonstances ayant mené aux faits. L’enquête vise d’ailleurs également à identifier d’autres suspects. Dans l’attente de celle-ci les suspects arrêtés ont été relâchés". Le parquet ajoute que la version de la police et celle des suspects ne concorde pas. L'enquête se poursuit.

"Toutefois, cela ne signifie pas qu'ils resteront impunis si l'enquête devait établir leur implication dans ces infractions. A l’issue de l’enquête, le parquet déterminera, selon les directives de politique criminelle en vigueur, quelles suites judiciaires donner aux infractions commises. Pour ce faire, il sera tenu compte de la gravité des infractions et de leur contexte, plus particulièrement du fait que les infractions ont été commises en bande contre la police suite à un contrôle des services de police sur le respect des mesures Corona".

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