Un audit mesure l'ampleur des discriminations au sein du corps des pompiers bruxellois

Un audit mesure l'ampleur des discriminations au sein du corps des pompiers bruxellois
Un audit mesure l'ampleur des discriminations au sein du corps des pompiers bruxellois - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Les indices de l’existence de discrimination à caractère sexiste et raciste au sein du corps des pompiers bruxellois sont confortés dans un rapport d’audit commandité par le secrétaire d’Etat régional en charge du SIAMU Pascal Smet pour tracer les lignes de force d’un changement de cap à établir en la matière. Le rapport présenté longuement mardi à la Commission des Affaires Intérieures du parlement bruxellois par le cabinet de consultance Moore au sujet de l’étendue du phénomène souligne que du temps sera nécessaire pour faire évoluer une culture d’entreprise assez bien ancrée.

 

Le document plante avant tout le décor : les femmes sont très nettement sous représentées en particulier au sein du corps opérationnel (largement majoritaire) où elles ne représentent qu’un pourcent. Les personnes d’origine belge (de père et mère et de grands-parents) sont plus nombreuses.

Le volet écrit de l’enquête anonymisée pour jauger la situation a connu un succès élevé : 36% des membres du SIAMU (479 personnes) y ont répondu (87% d’hommes et 13% de femmes). La majorité des répondants affirme se sentir bien dans son équipe, et fier d’être pompier, mais trois répondants sur dix estiment que leur supérieur hiérarchique ne traite par le personnel de la même façon.

Seules 40% des femmes et des personnes d’origine immigrée pensent que les chances sont égales en matière de promotion. Si la plupart des répondant(e) s ont affirmé ne pas avoir été victimes de racisme, sexisme ou d’homophobie au cours des douze derniers mois, un quart des femmes dit l’avoir été. Au sein du corps opérationnel, c’est le cas de près de la moitié d’entre elles. Un quart des répondant(e) s d’origine non européenne soutient avoir été victime de racisme.

Une culture de non-dénonciation des faits

Il ressort également du rapport d’audit que la direction du corps des pompiers bruxellois dit répondre de manière suffisante et déterminée aux plaintes. Ce sentiment n’est pas partagé par les femmes et les répondant(e) s d’origine immigrée.

On ressent, à la lecture du rapport, un sentiment largement partagé parmi ces catégories de personnes d’un manque de soutien du supérieur hiérarchique en la matière, et l’existence, à la lecture des résultats de 45 entretiens approfondis, d’une culture de non-dénonciation des faits. Motif : la trop faible confiance dans le traitement du signalement d’une plainte, et en ce qui concerne les femmes, et la perception que le sexisme fait partie de la culture organisationnelle. Les syndicats ne sont pas épargnés non plus : "ils n’acceptent pas leurs responsabilités" en la matière, dit le rapport.

Des plaintes pas toujours enregistrées

Il y est également indiqué que certains responsables n’enregistrent pas toutes les plaintes et suggèrent parfois de ne pas en introduire.

Autre élément pointé dans le rapport : une grande différence dans la manière d’enquêter et d’établir les rapports dans le cadre de la procédure disciplinaire, ce qui n’est pas sans influence sur le degré d’appel à la Région ou au Conseil d’Etat.

Le bureau de consultance a remis au parlement une série de recommandations qui seront au centre d’échanges futurs au sein de la commission.


 

#Investigation: harcèlement à la police

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